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Tournoi de Paris : Maret, une pêche d’enfer

Cyrille Maret a remporté dimanche le tournoi de Paris de judo pour la troisième année consécutive. Le Bourguignon de 28 ans court après le temps et les occasions perdues pour réaliser son rêve olympique à Rio.

En bon pêcheur de carpe qu’il est, Cyrille Maret sait que lorsque le poisson est ferré, c’est une faute professionnelle de le relâcher. S’il rend à la rivière ses prises aquatiques, le Bourguignon a eu beaucoup moins de mansuétudes ce dimanche avec ses adversaires. En finale, le Canadien Reyes a goûté à sa ligne sur une première technique comptabilisée yuko avant de se retrouver prisonnier des filets de Maret sur une immobilisation imparable. Les bras levés, le poing serré, il se faisait acclamer par la foule pour la troisième fois d’affilée à Bercy. Un exploit rare.

Cécile Nowak, Céline Lebrun, Teddy Riner et Lucie Décosse sont les quatre derniers français à avoir gagné trois fois de suite dans le temple parisien. Ils ont en commun au moins une médaille olympique et même le titre suprême, à part Lebrun (argent). Ce que le judoka licencié à Boulogne-Billancourt n’a pas encore : « La première médaille à Paris faisait vraiment plaisir. La deuxième encore plus. La troisième, j’ai du mal à y croire. Il faut vraiment que je me serve de ça pour prendre conscience que je peux battre tout le monde et pas seulement à Bercy. Il va falloir aller chercher la plus elle des médailles. »

« A moi d’aller chercher ce titre »

Voilà le défi proposé à cet épicurien, amateur de bonne chair. Il a déjà gaspillé plusieurs chances de se mettre au chaud de belles médailles planétaires. L’an passé, il se fait rattraper à 15 secondes de la fin d’une demi-finale mondiale qu’il menait, puis perd contre un adversaire, blessé, incapable de saisir sa veste, dans le combat pour le bronze. Il avait alors déclaré : « J’aurais dû abréger ses souffrances ». Un épisode qui fera partie de lui longtemps. Il concède : « Je ne les oublierai jamais. Il faut que je fasse avec. Je ferai avec. Je m’en souviendrai toute ma vie. Je suis peut-être passé à côté d’un titre mondial. Il faut faire avec. Teddy Riner est capable de gagner toutes les compétitions sur lesquelles il s’engage. Je ne suis pas Teddy mais aujourd’hui j’aurais pu être champion du monde et champion olympique dans la foulée. Je ne l’ai pas fait. A moi d’aller chercher ce titre. »

Gentil dans la vie mais aussi sur le tatami, Maret essaye de gommer ce défaut. Il essaie de « finir » ses adversaires. Il a énormément progressé dans le travail au sol. Il malaxe, étrangle, ce qui lui a permis de remporter trois combats sur cinq dans ce secteur. La France n’a plus connu de médaillé olympique dans la catégorie de Maret depuis un certain Stéphane Traineau (Sydney 2000). Le temps presse.

M.M.