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Une gestion des finances alarmante à la Fédération Française de Judo

Depuis son arrivée à la tête de la fédération française de judo, Stéphane Nomis fait le constat d'une gestion financière "hasardeuse". Des dérives pointées par la Cour des comptes et le ministère des Sports.

Les comptes de la Fédération française de judo virent au rouge vif: endettée de plusieurs millions d'euros, sa gestion "hasardeuse" a été pointée par la Cour des comptes et le ministère des Sports, a expliqué ce vendredi, son nouveau président Stéphane Nomis. Elu le 22 novembre à la tête de la fédération de judo, après 15 ans de présidence de Jean-Luc Rougé, Stéphane Nomis a décrit une situation financière dégradée "bien pire" que ce qu'il pensait, a-t-il dit à l'AFP, ajoutant qu'un plan de relance serait lancé "fin janvier ou début février".

"Comptes insincères", et "subventions détournées"

Deux rapports provisoires de la Cour des comptes et de l'Inspection générale de l'Education, du sport et de la recherche (IGESR), dont le quotidien l'Equipe publie vendredi quelques extraits, pointent des dérives de gestion et font état de "comptes insincères", de "subventions détournées". De sérieux problèmes à la gérance que relève ensuite Stéphane Nomis: "Tout le monde avait connaissance de potentielles dérives. On disait qu'on perdait de l'argent avec le dôme Villebon et l'Institut national du judo (INJ)".

Les instances se sont aussi alarmées de la chute du nombre de judokas: "on perdait des licenciés depuis 10 ans, notre principale ressource", rappelle le nouveau président de 50 ans. Et les chiffres sont éloquents: la fédération de judo a perdu près de 168.000 licenciés entre septembre 2019 et septembre 2020, "ce qui représente près de 6,7 millions d'euros" et près de 27 millions d'euros pour les clubs. Pour le dôme de Villebon-sur-Yvette (Essonne), acquis par la fédération en 2018, une créance de près de 12 millions d'euros "ne sera jamais remboursée" à la fédération, assure Stéphane Nomis.

Un plan de relance prévu fin janvier-début février

"Il va falloir qu'on ait du soutien, que ce soit de l'institutionnel ou du privé. Je vais demander à voir la ministre des Sports Roxana Maracineanu à ce sujet", a assuré Stéphane Nomis, expliquant vouloir lancer un plan de relance fin janvier-début février. Après avoir reçu ces deux rapports, Stéphane Nomis a également fait réaliser un audit par le cabinet d'avocats PWC. "Ils nous ont fait des préconisations mais je vais également mandater nos avocats pour savoir quelle suite donner à ces rapports", précise-t-il.

De son côté, le ministère des Sports n'avait pas eu connaissance du pré-rapport de la Cour des comptes. La mission d'inspection qui a épluché les comptes en est-elle "à la phase contradictoire", a-t-on précisé de même source. Une autre inspection spécifique a été déclenchée par Roxana Maracineanu sur le seul dossier des violences sexuelles après plusieurs révélations à l'automne touchant le monde du judo.

ALR avec AFP