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Agnel et Muffat remettent le bleu de chauffe

Camille Muffat et Yannick Agnel

Camille Muffat et Yannick Agnel - -

Malgré les demandes en mariage et les primes, les deux champions olympiques ont gardé les pieds sur terre. Ils ont repris l’entraînement alors que la concurrence les suit de près, et les attendra cet été aux Championnat du monde.

A l’heure où les nageurs français effectuent leur rentrée des classes, Yannick Agnel et Camille Muffat ont repris à Nice le chemin de l’entrainement en mode mineur. Pas de faste pour les champions olympiques azuréens un mois et demi après leurs exploits londoniens. Agnel (champion olympique sur 200m et 4x100m), Muffat (médaille d’or en individuel sur 400m) et la jeune Charlotte Bonnet (bronze avec le relais 4x200m) alignent les kilomètres avec les Mondiaux à Barcelone cet été en ligne de mire. « On n’a pas changé, c’est autour de nous que ça a bougé », assure Agnel. La belle gueule amateur de belles lettres a fait chavirer les cœurs avec une centaine de demandes en mariage sur Facebook. « Des filles et des garçons », s’amuse le bon à marier. La pudique Muffat n’est pas en reste en matière d’invitations galantes. « J’attends de voir la bague », plaisante-t-elle. Les Niçois ont-ils fait des folies avec leurs primes ? « Je suis plutôt fourmi que cigale, dit Agnel, je n’ai pas acheté de voiture, de toute façon je n’ai pas le permis… » Idem pour Muffat qui passe son code, mais qui a surtout mis de côté « pour l’avenir ».

Nos champions sont « normaux », mais ont-ils encore faim ? Muffat s’est posé des questions avant les Jeux. Aujourd’hui, elle veut repartir pour une nouvelle olympiade. « Je suis surprise de ma motivation mais l’envie est là, je me sens perfectible. » Idem pour son coéquipier. « On va reprendre notre vie d’ascète d’avant les Jeux, j’ai hâte. » Pellerin ne craint pas l’effet boomerang des JO. Au contraire, il trouve ses poulains particulièrement disponibles. « Les retrouvailles ont été plus faciles qu’en année olympique, juge l’entraîneur. Il n’y a pas eu de discours, on a plongé dans le grand bain, l’histoire se construit toute seule. » Les nageurs vont effectuer leurs 6 à 7 kilomètres par jour gonflés par leurs performances estivales. « On est plus motivés qu’avant, on a moins de pression parce qu’on sait qu’on a fait quelque chose », savoure Agnel.

Pellerin : « Je reçois des mails de nageurs étrangers intéressés »

D’autant que la saison à venir s’annonce pleine de nouveautés. La ville de Nice a décidé de construire un bassin pour le haut niveau, opérationnel pile-poil dans un an. Les résultats des nageurs à Londres ont suscité l’intérêt des adversaires. « J’ai reçu des messages de fédérations, d’entraineurs ou de nageurs étrangers qui s’intéressent à nous, à nos entraînements », raconte Fabrice Pellerin. Si le coach a affirmé son désir de rester à Nice, le petit groupe constitué d’Agnel, Muffat et Bonnet (Clément Lefert a annoncé l’arrêt de sa carrière) va certainement être bousculé dans ses habitudes familiales. « Je veux étoffer le groupe parce que la concurrence est positive, mais sans dénaturer le côté artisanal de notre travail », affirme Pellerin. « De toute façon, avec Fabrice, c’est toujours innovant », rassure Muffat. De quoi remobiliser les troupes pour de nouvelles aventures.

Louis Chenaille (avec J.R. à Nice)