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Bernard, la peur du vide

Alain Bernard

Alain Bernard - -

Dépassé en finale du 100m nage libre des championnats de France, le champion olympique de Pékin ne défendra pas son titre à Londres. L’Antibois n’a plus que le 50m pour espérer voir l’Angleterre en individuel cet été.

Il y a l’image de Yannick Agnel, trois doigts en l’air, le sourire du triomphe barrant largement son visage. Mais aussi ce cliché, non moins marquant : celui d’Alain Bernard, longtemps prostré dans l’eau. Souffle court. Grimace évidente. Déception lisible. « C’est dur, lâche l’Antibois, sonné. J’ai un petit peu de déception de ne pas être sur le podium. Ça a nagé vite et moi pas assez. » Cinquième ex-aequo avec Grégory Mallet, à près d’une seconde d’Agnel, Alain Bernard a craqué, littéralement, dans le dernier 50. Impuissant devant les quatre de devant (Agnel, Gilot, Lefert et Leveaux). « Je suis content pour eux. Mais il faut en laisser aux jeunes aussi, même si ce n’était pas prévu. Il faut relativiser. »

Les larmes de Bernard

Sourire de façade devant les caméras. Mais le champion olympique quatre ans plus tôt à Pékin, loin des regards, tombe la carapace et fond en larmes pendant les autres séries du jour. S’il peut encore intégrer le collectif du relais 4x100m comme remplaçant, il ne défendra pas, c’est certain, son titre individuel à Londres. « Alain, c’est un camarade, confie Yannick Agnel, touché par la détresse de Bernard. Je me suis quasiment entraîné à côté de lui tout au long de l’année. Il part quand même dans le relais. » Le Niçois, comme d’autres, n’a pas compris les difficultés de l’Antibois. Son entraîneur, Denis Auguin : « Ce n’était pas un problème de volonté ce soir… On ne l’a pas vu venir. Je me trompe rarement, j’avais de bonnes sensations. On était venu pour se qualifier pour les JO. On s’est raté une première fois. Il nous reste une deuxième chance (le 50 m nage libre, ndlr). On va la saisir, pas de soucis. Alain est le spécialiste du rebond. On va essayer de rebondir demain (vendredi). »

Et imiter son parcours aux Mondiaux de Shanghai l’année dernière, qui l’avait vu arracher le bronze sur 50m, quatre mois après sa déconvenue sur 100m lors des championnats de France à Strasbourg ? A défaut d’avoir la réponse, l’intéressé était, sitôt le débriefing avec son coach effectué, « parti à la récup’ ». Histoire d’entretenir le rêve d’un défi olympique solo à Londres.

A.D avec P.Ta et J.Ri