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Caeleb Dressel, roi de l'ISL: "Je ne sous-estimerai jamais Florent Manaudou"

Après son coup d’éclat samedi avec les records du monde du 100m papillon et du 50m nl, Caeleb Dressel a une nouvelle fois été le grand artisan de la victoire finale de son équipe des Cali Condors dans cette saison 2 de l’ISL. La star américaine a battu ce dimanche le record du monde du 100m 4n et logiquement été désigné MVP de cette finale. Grand rival de Florent Manaudou dans l’optique des Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain, le nageur de 24 ans aux 13 titres mondiaux a marqué les esprits, mais assure qu’il ne sous-estimera pas le Français.

Caeleb Dressel, quels mots mettez-vous sur vos propres performances ce week-end à l'ISL ?

Je suis heureux de la façon dont je nage. Je pense que cette saison, pour le moment, est super pour moi. C’est toujours bien de voir des résultats. Je suis bien à l’entraînement. Je suis assez excité d’être revenu comme ça et de garder cette dynamique. Ça a vraiment été six semaines super amusantes pour moi. Entre la première étape et maintenant, j’ai eu des hauts et des bas, même en demi-finale, et finale d’ailleurs. Je pense que j’ai beaucoup appris sportivement. Et je suis prêt à retourner à l’entraînement.

Est-ce que vous sentez à quel point vous êtes au-dessus de vos adversaires ?

Oh non, je ne me mettrai jamais au-dessus de personne dans cette ligue (ISL). Je pense que c’est la beauté du sport. C’est pour cela qu’il y a sept autres lignes d’eau dans la piscine. Tout le monde a sa chance. Je ne sous-estimerai jamais mes adversaires. C’était vraiment un plaisir d’être en compétition. Je suis vraiment très reconnaissant des courses que j’ai faites ici. Mais non, je ne me place pas au-dessus des autres. Je sais qu’il y a une cible dans mon dos et j’ai placé des cibles sur le dos de quelques-uns également.

D’où vous vient cette faculté à aller vite dans les parties techniques, le départ et les coulées, où vous faites une énorme différence ?

Je travaille toutes les parties de mes courses. Je ne crois pas qu’il y ait d’"accident" dans le sport et c’est vraiment quelque chose que je bosse beaucoup. Et puis, j’ai eu des bons gènes de mon père et de ma mère. Depuis que je suis petit, j’ai toujours été athlétique à sauter partout, courir vite. Donc j’essaye de m’en servir du mieux que je peux dans mes courses. Il n’y a pas d‘accident dans le sport et en travaillant, on devient meilleur. 

Vous avez marqué des points dans l’optique du 50m des Jeux olympiques de Tokyo face à Florent Manaudou ?

J’ai tellement de respect pour Florent. Je n’avais jamais eu l’occasion de nager contre lui avant l’année dernière en ISL. Depuis le début, je le respecte beaucoup. Il est très humble et accessible dans son comportement. Je le regardais à la télé en 2012, quand il a gagné l’or à Londres. Je suis toujours très enthousiaste quand je peux nager contre lui. C’est le meilleur que j’ai eu à affronter. Je ne le sous-estimerai jamais et j’ai vraiment apprécié de nager contre lui et d’autres grands noms du sport. Je vais juste faire mon chemin, ma contribution dans la natation.

Etes-vous content de la compétition, l’ISL, et sa formule particulière cette année en raison du Covid ?

Ils sont allés au-delà de toutes mes attentes, bien sûr pour la natation, mais aussi sur les conditions sanitaires. La manière, le protocole, les tests Covid, les masques... Il y avait du gel hydro alcoolique partout et le contrôle des températures partout où on rentrait. Ils ont très bien géré et montré que c’était possible en vue de l’année prochaine et des Jeux à Tokyo. D’une manière très sure et qui n’a pas impacté les performances.

Le fondateur de l’ISL, Konstantin Grigorishin, estime que les Jeux olympiques sont démodés et que l’ISL doit devenir l’objectif principal des nageurs. Vous êtes d’accord avec ça ?

Oui, ils sont plutôt "old fashion" mais c’est ce qui les rends géniaux. Je ne vais pas être en désaccord avec cette affirmation puisque c’est un des plus vieux sports de l’histoire donc bien sûr c’est "old fachion", mais c’est ça qui amène beaucoup de choses à ce sport. J’aime bien les deux. Je n’ai participé qu’à une seule édition des Jeux olympiques. J’ai participé aux deux éditions de l’ISL. J’ai adoré les deux. Donc je ne vais pas critiquer l’un ou l’autre, ce sont deux choses différentes. Les deux sont enthousiasmantes. Et puis, c’est totalement opposé, l’un est en petit bassin, l’autre en grand bassin. Il y en a un qui dure deux heures et l’autre deux semaines. Ce sont juste deux évènements totalement différents.

Julien Richard