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Championnats France natation: le bilan de ce mercredi, avec un nouveau qualifié pour Tokyo

Mewen Tomac a été sacré ce mercredi champion de France du 100m dos à Chartres, décrochant du même coup sa qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo.

100m dos messieurs: Tomac accompagnera Ndoye Brouard

Mewen Tomac peut enfin souffler. Au bout d’une quête de qualification olympique pleine de rebondissements, l’Amiénois de 19 ans a décroché son billet pour le Japon en remportant la finale du 100m dos en 53"13, sous le temps exigé par la Fédération française de natation (53"85). "C’est un soulagement de se dire que enfin je suis qualifié même si le temps n’est pas canon, lâchait Tomac quelques minutes après sa course. Je suis parti un peu vite parce que j’étais pressé de finir la course… (rire) Gros soulagement et en plus je gagne donc c’est cool."

Car la route vers Tokyo a été sinueuse pour l’Amiénois. A Marseille en mars dernier, lors du dernier meeting de la première phase de qualification, il pensait avoir assuré sa place dans l’avion olympique en réalisant les exigeants minimas de la FFN en série, détrônant Yohann Ndoye Brouard, qui venait de réaliser lui aussi le temps dans la série précédente. Joie de courte durée puisqu’en finale, Yohann Ndoye-Brouard avait accéléré et devancé Tomac pour arracher l’unique ticket en jeu sur cette première phase.

Mewen Tomac, lors des championnats d’Europe à Budapest en mai dernier, avait réalisé en demi-finales le meilleur temps français de la saison (52"86). Mais c’est Yohann Ndoye-Brouard qui était monté sur la troisième marche du podium en finale, Tomac échouant à la cinquième place. Si Mewen Tomac avait largement le chrono à sa portée, encore fallait-il le faire en finale à Chartres. "En ayant déjà fait le temps plusieurs fois cette saison je pensais que j’allais arriver plus serein. Mais au final plus la course approchait et plus ça me stressait, admet-il. On ne sait jamais!"

Le nageur était plus estampillé Paris 2024 mais il va donc pouvoir disputer ses premiers Jeux olympiques à Tokyo dans cinq semaines. "Je ne réalise pas trop pour le moment, confie-t-il. Je pense que dans deux-trois jours, ou quand je vais rentrer chez moi, je vais me dire que j’y vais. Pour l’instant je ne réalise pas trop." Il accompagnera sur la distance Yohann Ndoye-Brouard, qui a pris la deuxième place de cette finale en 53"47. Mewen Tomac est le 10e qualifié pour les JO de la délégation française.

1.500m nl: Muller échoue encore d’un rien

L’histoire entre Aurélie Muller et les Jeux est décidément contrariée. La double championne du monde du 10km en eau libre s’était lancé le défi de se qualifier pour Tokyo sur le 1.500m en bassin, après avoir échoué pour un dixième à se qualifier sur le 10km lors des Mondiaux de 2019. La nageuse de Sarreguemines échoue cette fois pour moins de deux secondes dans sa quête d’une place pour le Japon. L’ancienne élève de Philippe Lucas décroche le titre national du 1.500m en 16'22"66 alors que le minima exigé par la Fédération était de 16'21"21.

"Je la voulais ma qualif' donc forcément un peu de frustration. Mais en même temps, je suis super contente d’arriver à nager mon meilleur chrono, estime la nageuse. J’ai fait ça en trois mois. Je remercie vraiment tous les gens qui m’ont accompagnée sur ces trois mois."

Aurélie Muller, 31 ans aujourd’hui, avait fait le choix de s’exiler à Nice après l’échec des Mondiaux de 2019 pour s’entraîner avec Fabrice Pellerin, dans l’optique de décrocher le billet en bassin. Mais l’attelage n’a pas fonctionné et il y a trois mois, elle a décidé de quitter Nice pour s’entraîner notamment avec Magali Merino, entre Font Romeu et Fontainebleau.

"Mon départ de Nice je pense que c’était une bonne chose, je n’étais pas sur le bon chemin même si j’ai appris beaucoup de chose et je ne remets pas en question la méthode de Fabrice Pellerin, précise Aurélie Muller. J’avais besoin de ça, de couper un peu et de voir autre chose, mais Fabrice n’est pas très communiquant. Et moi j’ai besoin de communiquer, je suis une athlète de 31 ans, j’ai un passé, un palmarès et de l’expérience. Ça n’a pas fonctionné mais ce n’est pas grave, j’ai bifurqué. Pour moi l’environnement est vraiment fondamental et je le prouve encore aujourd’hui. Si à côté ça ne va pas, dans l’eau ça ne va pas. Je rate ma qualification de peu mais je suis fière de moi."

Aurélie Muller, qui avait vécu la terrible désillusion d’une disqualification aux Jeux de Rio en 2016 après avoir décroché la médaille d’argent du 10km ne sera donc pas du voyage à Tokyo, mais ne baisse pas les bras pour autant. "Je vais prendre un peu de repos, je vais essayer de faire des compétitions d’eau libre jusqu’en juillet. Et début septembre, je relance sur un nouveau projet: Paris 2024, annonce-t-elle. Où que ce soit, le projet c’est de ramener cette put*** de médaille à Paris. J’ai besoin de chalenges et on verra bien." Pour définitivement se réconcilier avec les anneaux olympiques.

100m dos dames: Béryl Gastaldello toujours pas qualifiée

Béryl Gastaldello a remporté le 100m dos des championnats de France en 1'00"39 mais échoue pour 14 centièmes dans sa quête du quota olympique. Deuxième échec en deux jours pour la Marseillaise, qui s’était cassé les dents mardi sur le 100m papillon: "C’était que du bonus de toute façon. Donc encore une fois c’est un peu décevant mais je n’allais pas le nager non plus (aux Jeux). C’est dommage parce que ce n’était vraiment pas loin. C’est le risque que je prends en me focalisant sur une seule nage et j’espère que ça va payer samedi."

La Française, qui avait brillé cet hiver lors de la deuxième saison de l’ISL, la ligue professionnelle de natation, va tout miser sur le 100m nl samedi. En mars dernier, elle pensait avoir décroché son billet pour lesJeux sur cette distance, mais Marie Wattel l’en avait privée en nageant plus rapidement lors de la dernière compétition sur la fenêtre de trois mois ouverte pour la qualification.

"Tout arrive pour une raison, philosophait Gastaldello après son 100m dos. C’est arrivé parce que c’est arrivé, c’est ma façon de voir les choses depuis un petit moment. Je crois aux énergies et si ça n’arrive pas c’est que ça n’arrive pas et ça arrivera mieux plus tard. Je ne me fais pas trop de soucis. Il reste deux jours." Samedi, elle sera en concurrence pour l’ultime billet sur le 100m nl avec Charlotte Bonnet notamment, Marie Wattel étant déjà qualifiée sur cette épreuve.

J.Richard