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Cielo sème le trouble

César Cielo

César Cielo - -

L’annonce du contrôle positif du champion brésilien suscite une vive interrogation dans le monde de la natation. Seulement averti par sa Fédération, Cielo n’échappera peut-être pas à un passage devant le Tribunal Arbitral du Sport. Une nouvelle affaire Contador ?

Certains l’ont appris vendredi soir. D’autres samedi matin. Pour les premiers, il a été difficile de ne pas y penser en s’endormant. Pour les seconds, c’est le réveil qui a été délicat. César Cielo, le roi du sprint depuis la fin des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, a été contrôlé positif à un diurétique au début du mois de mai à Rio de Janeiro. Il n’a écopé que d’un simple avertissement de la part de sa Fédération. Mais le Brésilien ne s’en tirera peut-être pas aussi facilement. Car le produit utilisé, le furosémide, laisse planer une ombre assez gênante sur le niveau de performance du recordman du monde du 50m et du 100m.

« Ça me parait difficile de retrouver un diurétique dans un complément alimentaire comme il l’explique, estime Michel Audran, professeur et directeur de recherche à la faculté de pharmacie de Montpellier, expert auprès de l'UCI, l'AMA et l'AFLD. Ça n’a aucun intérêt dans l’alimentation. En général, quand ils prennent ça, c’est pour éliminer plus rapidement une autre substance même s’il existe quelques cas de pollution. Car c’est un produit masquant. » Une caractéristique qui nourrit les premières interrogations du monde de la natation. Comme la faiblesse de la sanction qui a touché le champion olympique du 50m.

Auguin : « Pas de compromis »

« S’il y a un contrôle positif et un cas de dopage avéré, il faut frapper fort, affirme Denis Auguin, l’entraîneur d’Alain Bernard à Antibes. On ne peut pas se permettre de faire des compromis dans ce genre de choses, de traiter cela à la légère. Il en va de la crédibilité de la natation. » La Fédération internationale (FINA) en a bien conscience. Elle se penchera sur le dossier dès sa réception, lundi. « On va voir si c'est en accord avec les règles de la FINA parce que c'était un test conduit par la Fédération brésilienne, a expliqué à RMC Sport Cornel Marculescu, le directeur exécutif de la FINA. Soit on confirme cette décision, soit on fait appel devant le Tribunal Arbitral du Sport. »

Un passage à Lausanne qui mettrait en danger la participation de Cielo aux championnats du monde, à Shanghai du 24 au 31 juillet. « On se retrouve un peu dans la même situation que Contador sur le Tour de France, compare Denis Auguin. On voit le malaise que sa présence provoque. » Le double champion du monde (grand bassin), sympa et souriant, bénéficiait jusqu’à présent d’une belle côte de popularité. « Mais ce n’est pas marqué sur la tête des gens s’ils trichent ou pas » souligne l’entraîneur d’Alain Bernard. Dans trois semaines, en Chine, les regards qui se poseront sur César Cielo seront certainement plus pesants. Si le Brésilien est là, bien sûr…