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Des bassins en bleu, blanc, rouge

Alain Bernard qui triomphe sur le 100 m de Budapest et c'est toute la natation française qui rigole.

Alain Bernard qui triomphe sur le 100 m de Budapest et c'est toute la natation française qui rigole. - -

La natation française a régné sur l’Europe à Budapest en grand bassin puis rivalisé avec le monde à Dubaï en petit bassin. De la Hongrie aux Emirats, Agnel, Lacourt et les autres ont donné le sourire à un pays à la passion grandissante pour ce sport.

De 2004 à 2010. Des 17 ans de Laure Manaudou à Athènes aux 18 ans de Yannick Agnel à Budapest. De découvertes en confirmations. L’équipe de France a fait naître une passion sans cesse grandissante pour la natation. Une percée dans le cœur des Français qui s’est accentuée en 2010 quand, quelques semaines après l’image catastrophique laissée par les footballeurs, la natation a ressuscité la fierté et l’admiration d’un pays pour ses médaillés, dans la foulée d’un championnat d’athlétisme lui aussi éblouissant. Abordables, souriants et décontractés, les Camille Lacourt, Yannick Agnel, Frédérick Bousquet, Alain Bernard et consorts ont régné sur l’Europe à Budapest, en grand bassin, pour une récolte incroyable de titres au cœur de l’été.

Du 4 au 15 août, la France a décroché en Hongrie 21 médailles européennes, dont huit en or. Frédérick Bousquet (50m), Alain Bernard (100m), Yannick Agnel (400m), Sébastien Rouault (800m, 1500m), Camille Lacourt (50m dos, 100m dos) et le relais 4x100m quatre nages (Camille Lacourt, Hugues Duboscq, Fred Bousquet, Fabien Gilot) ont fait résonner la Marseillaise. Les filles sont sorties de leur ombre quatre mois plus tard, à Dubaï, avec les titres mondiaux en petit bassin de Camille Muffat (200m) et Alexianne Castel (200m dos). Moins réputés qu’en grand bassin, les championnats du monde qui se sont déroulés aux Emirats du 15 au 19 décembre ont quand même permis à la France de se positionner parmi les meilleures nations.

Si Frédérick Bousquet et Fabien Gilot, sur 50m et 100m, ont dû se contenter des places de dauphin du Brésilien César Cielo, ils ont activement contribué à la victoire du relais 4x100m enfin gagnant après une série de désillusions (Pékin en 2008 ou Rome en 2009). Avec Alain Bernard et Yannick Agnel, ils ont mis la main sur un titre qui pourrait être fondateur en vue des Mondiaux en grand bassin de Shanghai en 2011 et des Jeux Olympiques de Londres en 2012. « Il y a une génération talentueuse, qui a compris qu’elle avait des chances de ramener des médailles d’or, explique le Marseillais Fabien Gilot. Ce n’est qu’un début. Je sens que les années à venir vont être encore plus performantes. » Leur appétit pour ces prochaines échéances ne fait que nourrir un peu plus l’impatience des nouveaux passionnés.

Laurent Picat