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Eau libre: l'état des lieux des Bleus avant la reprise au Qatar

Marc-Antoine Olivier

Marc-Antoine Olivier - ICON SPORT

A Doha (Qatar), ce samedi, l'équipe de France de natation en eau libre reprend la compétition avec les Jeux olympiques dans le viseur. Etat des lieux avec Stéphane Lecat, le directeur des Bleus?

De Doha à Doha. L’équipe de France de natation en eau libre dispute ce samedi, au Qatar, la première étape de Coupe du monde de cette nouvelle saison olympique. Sept filles et treize garçons engagés sur le 10km (à 9h pour les filles et à 14h pour les garçons). Une course organisée un peu plus d’un an après la dernière Coupe du monde, qui avait eu lieu déjà à Doha, avant que tout ne soit arrêté par la pandémie de Covid 19. Si quelques nageurs français comme Marc-Antoine Olivier avaient pu s’étalonner au mois d’août face aux Italiens lors des championnats d’Italie, c’est la première fois que le gratin de l’eau libre se retrouve depuis la pause forcée, à moins de six mois des Jeux olympiques de Tokyo. "On rentre dans le vif du sujet, lance le directeur de l’eau libre française Stéphane Lecat. L’objectif est de reprendre contact avec le niveau international, avec les adversaires, de savoir où on en est dans cette année olympique qui nous amène rapidement à Tokyo." Etat des lieux avant cette reprise au Qatar.

Marc-Antoine Olivier pour confirmer les progrès

Il y a un an, Marc-Antoine Olivier s’était brillamment échappé à 500m de l’arrivée sur Katara Beach pour décrocher une victoire marquante devant les cadors de la discipline. Depuis, le confinement est passé par là. Avec son lot de doutes, après une période d’inactivité forcée. Des doutes qui semblent balayés. Le médaillé de bronze olympique de Rio a explosé ses records personnels en bassin sur 800m et sur le 1500m, où il a même réalisé le temps exigé par la Fédération française pour une qualification olympique en bassin à Tokyo (mais dans une compétition qui n’était pas référencée donc pas homologuée pour la qualification).

"Cette période du Covid a fait encore plus émerger les athlètes et les personnes qui ont une capacité mentale un peu supérieure aux autres et qui savent rester dans leur projet, détaille Stéphane Lecat. Marco en est l’illustration dans notre discipline. Il y a eu le confinement mais il est revenu rapidement à son niveau. Il a élevé son niveau en bassin, ce qui est très important pour lui pour pouvoir rivaliser sur les fins de course, par exemple sur la fin du 10km des Jeux de Tokyo. Il a aussi progressé en terme d’endurance, je pense, avec son entraîneur Philippe Lucas. C’est quelqu’un qui est singulier dans sa façon de se construire et dans son projet."

En devenant le 4e performeur français de l’histoire sur 1500m avec un chrono de 14mn55s19c, le Nordiste réfléchi à l’éventualité de disputer ce 1500m en bassin à Tokyo, une semaine avant l’épreuve d’eau libre. "Si Philippe et lui décident de faire le bassin, on s’organisera avec la DTN pour que les choses se passent bien, explique Lecat. Maintenant, est-ce que l’objectif, c’est de rentrer en finale en bassin ou d’être champion olympique en eau libre ? Je crois que je n’ai pas besoin de donner la réponse. Mais si le fait de faire le bassin avant permet de faciliter pour être champion olympique, on le fera. Mais ça ne me stresse absolument pas. On sait très bien où on veut aller et on est serein sur cette question-là. Si c’est un avantage, on le fera. Si ça n’en est pas un, on ne le fera pas."

En attendant, Marc-Antoine Olivier tentera de s’imposer à nouveau dans les eaux qatariennes. "C’est comme si vous demandez à Kevin Mayer s'il aurait été heureux de terminer deuxième ce week-end (aux championnats d'Europe en salle, ndlr), image Stéphane Lecat. Ce sont des athlètes qui font de la compétition pour gagner. Et s'il se déplace à Doha, ce n’est pas pour faire deuxième. S'il termine deuxième, il n’y aura rien de négatif car on aura pris des enseignements pour la suite, qu’il gagne ou qu’il perde. Marquer les esprits, ce n’est pas l’objectif. L’objectif, c’est de se préparer pour les Jeux."

David Aubry à l’arrêt

C’est le grand absent de cette première étape de Coupe du monde du 10 km. David Aubry, deuxième français qualifié pour les Jeux olympiques sur le 10 km avec Marc-Antoine Olivier, également qualifié en bassin sur le 800m, ne fait pas le déplacement au Qatar. "Depuis le début de saison, David a des problèmes d’épaules, explique Stéphane Lecat. Il est revenu, il a eu de nouveau mal, le pauvre, et donc là il a subi une intervention sur ses épaules. Il a dû observer un arrêt d’une dizaine de jours, sans activité sportive. Il est de nouveau de retour dans le bassin. Après, c’est sûr que ce n’est pas la préparation idéale, que ce soit pour le 10km des Jeux ou le 800m en bassin. La blessure fait partie intégrante du parcours d’un athlète, malheureusement ça tombe cette année. C’est un nageur d’exception avec de grandes qualités, Philippe sait faire aussi. J’espère qu’ils trouveront le chemin pour exceller comme il le faudra."

Aurélie Muller, le retour

La triple championne du monde Aurélie Muller sera présente pour cette reprise de la Coupe du monde d’eau libre. Une première depuis la terrible désillusion des Mondiaux de Gwangju, en Corée du Sud, en juillet 2019 où la nageuse de Sarreguemines avait raté la qualification olympique sur le 10 km pour un dixième de seconde. Depuis, Aurélie Muller a quitté Montpellier et Philippe Lucas pour tenter le défi d’une qualification olympique sur le 1500m avec Fabrice Pellerin à Nice. Mais n’a donc pas oublié sa discipline de prédilection. "Aurélie a le désir de se qualifier aux championnats d’Europe, détaille Stéphane Lecat. Il me semble aussi qu’elle a le désir de se qualifier pour les Jeux de 2024 sur cette épreuve-là, dans sa discipline de prédilection. Elle a parlé avec son entraîneur Fabrice Pellerin pour revenir sur un programme d’eau libre et de bassin car elle a toujours le désir de se qualifier pour les JO de Tokyo sur le 1500m nl. Un directeur de discipline est toujours content de revoir dans son équipe une triple championne du monde."

Sur le site de la Fédération française de natation, Aurélie Muller confie qu’elle a "hâte de se remettre à l’eau libre". Lara Grangeon, la seule qualifiée française pour les JO de Tokyo sur le 10 km, sera également présente dans les eaux qatariennes.

Julien Richard