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F. Manaudou, encourageant et encouragé

Florent Manaudou

Florent Manaudou - -

Moralement soutenu par sa sœur, le cadet de la famille Manaudou a frappé fort en s’imposant ce samedi sur le 50m nage libre du meeting de Nancy (en 22’’38) devant notamment Alain Bernard, troisième. Place maintenant aux championnats de France. En attendant mieux ?

Le petit message d’encouragement a porté ses fruits. Absente à Nancy, Laure Manaudou n’en a pas pour autant oublié son petit frère. Quelques heures avant la finale du 50m NL de Florent, l’ancienne championne olympique lui avait adressé un message pour le soutenir notamment face à son « collègue » d’entraînement marseillais Fabien Gilot, mais surtout face à Alain Bernard, médaillé de bronze sur la distance lors des Jeux de Pékin. Le temps de monter sur le plot, d’avaler la longueur en 22’’38 et voilà le jeune homme de 21 ans vainqueur du sprint devant le Belge Jasper Aerents (22’’42) et Bernard (22’’47). « C’est plaisant de finir devant Alain, mais on n’a pas fait le même travail, calmait modestement le nageur à l’issue de sa course. On ne sait pas où on en est. Nous ne sommes peut-être pas dans la même phase d’entraînement. »

Toujours est-il qu’après le dos, le papillon, voici le dernier des Manaudou sur le crawl. Une idée née lors du dernier Open de Paris en juin dernier alors qu’il y avait établi son record personnel en série en 22’’30. Choix conforté lors des récents Mondiaux de Shanghai où il observe avec envie les meilleurs sprinteurs du monde. Alors malgré la concurrence et la densité, il a tenté le pari. « Il n’avait pas besoin d’être conforté dans son choix, note son entraîneur Romain Barnier. Le choix a été pris de manière claire. On n’a jamais évoqué d’alternative. On a tout mis sur la table : la densité, le fait qu’il va peut-être faire des bonnes performances mais ne pas se qualifier… Ce n’est pas grave. »

Barnier : « Il y a encore du boulot »

A en croire le technicien du Cercle des Nageurs de Marseille, Manaudou n’aurait même pas l’échéance olympique dans la tête. « Il ne m’en parle pas souvent, avance-t-il. Son moteur, c’est de battre les adversaires. Il n’a pas envie de nager doucement sous prétexte que dans trois mois c’est important. » Derrière le discours, la volonté de protéger un nageur plein de promesses et encore largement perfectible. Après ses séries, du côté du bassin d’échauffement, il s’est ainsi longuement entretenu avec Barnier qui lui reprochait ses difficultés à finir la course. « Il y a encore du boulot, sourit Barnier. La tâche est ardue face à des compétiteurs comme Frédérick (Bousquet), Alain (Bernard) et Fabien (Gilot). »

Avec cette première victoire contre Alain Bernard dans une compétition à enjeu, Florent Manaudou a frappé fort. Il emmagasine ainsi de la confiance et se prépare de la meilleure des manières pour les championnats de France à Dunkerque (18 au 25 mars), qualificatifs pour les Jeux Olympiques. D’autant qu’à Nancy, de nombreux journalistes avaient fait le déplacement dans une piscine où l’ambiance ressemblait à s’y méprendre à une répétition générale avant Dunkerque. Particulièrement motivé après le stage en Martinique à l’idée de retrouver la compétition, il peut retourner travailler à Marseille avec le sentiment du devoir accompli. Car il faudra être encore plus fort dans huit semaines pour espérer se faire une place dans le gratin des sprinteurs français.

Pierrick Taisne à Nancy