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Florent reprend le flambeau

Florent Manaudou

Florent Manaudou - -

Huit ans après Laure, Florent Manaudou est devenu champion olympique sous les yeux de sa sœur, vendredi. A seulement 21 ans, le tout nouveau champion olympique a vécu une soirée de rêve. Sans pour autant tomber dans l’excès.

Le service d’ordre n’a rien pu faire. Florent Manaudou, 21 ans, est sacré champion olympique du 50m ce vendredi. Dans le coin réservé au clan français, sa sœur, Laure, slalome entre les volontaires et se jette dans les bras de son frère. En pleurs, la championne olympique d’Athènes glisse quelques mots à l’oreille de son frère. « Les mots n’étaient pas le plus important, avouera Florent. On est frères et sœurs donc on s’est compris. Elle a cru en moi jusqu’au bout, c’était très important d’avoir ma sœur. » Florent ne semble pas réaliser. Happé par les journalistes et assailli de questions, il fait face aux caméras et micros. « Je ne suis même pas champion de France et me voilà champion olympique », glisse-t-il plein d’aplomb.

A l’Aquatic Center, tous - ou presque - n’ont d’yeux que pour la Britannique Rebecca Adlington, troisième du 800m et en larmes sur le podium. Le public britannique a d’ailleurs largement quitté la salle au moment où Florent Manaudou s’apprête à monter sur la plus haute marche du podium. En tribunes, l’ensemble de la délégation française attend avec impatience de voir le petit dernier la médaille d’or autour du cou. L’ancien champion olympique du 100m, Alain Bernard et Camille Lacourt, agitent leur drapeau bleu-blanc-rouge. Laure s’amuse avec sa copine Margaux Farrell. Les copains de Marseille, à l’image de Fabien Gilot, donnent de la voix. Tous sont à l’unisson pour célébrer le nouveau héros.

Laure s’éclipse discrètement

Puis vient le moment de la Marseillaise. Une trentaine de poumons français reprennent en cœur l’hymne français. Laure Manaudou n’est pas la dernière à s’égosiller. Florent reste lui silencieux. Quelques sourires vers les supporters à sa droite. D’autres vers la tribune des nageurs français à sa gauche. Et puis les pensées vers le frère-entraîneur, Nicolas, quitté prématurément, direction Marseille. Sans oublier les parents. «Je pense que nos parents sont très fiers de nous, sourit-il. On arrive à la consécration ultime et c’est juste extraordinaire pour mes parents d’avoir un fils et une fille champions olympiques. »

Ultime, mais également inédit dans le monde de la natation. A tel point que Florent s’est aujourd’hui fait un prénom, quittant l’ombre de sa sœur. Dans l’encadrement de l’équipe de France, on insiste pour faire de cette médaille l’exploit d’un nageur. Et non pas du frère de Laure. Une protection que la grande sœur applique parfaitement en quittant rapidement le bassin, sans passer par la case journalistes, elle qui se savait épiée et attendue par la presse. Le petit frère s’est désormais émancipé. Pas question pour l’instant de célébrer avec effervescence ce titre. Ce n’est que ce samedi soir, en compagnie de l’ensemble de l’équipe de France de natation que Florent débarquera au club France, sa médaille d’or autour du cou. Attentive dans un coin, Laure observera tout cela avec attention. Sans doute également avec une pointe de nostalgie.

Pierrick Taisne à Londres