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Lacourt mate la concurrence

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En réalisant une grosse performance sur le 100m dos de Nancy (53’’59), Camille Lacourt a envoyé un message fort à ses rivaux, et notamment au co-champion du monde Jérémy Stravius.

On les avait quittés dans le bassin de Shanghai auréolés d’un titre de champion du monde partagé sur 100m dos. C’est bien loin de la Chine, à Nancy, que Camille Lacourt et Jérémy Stravius se sont retrouvés pour leur premier bain de l’année. Un stage à la Martinique pour le premier, un voyage en Afrique du Sud pour le deuxième et les voilà lancés dans leur préparation olympique avec, en ligne de mire, le titre à Londres. Et dans la moiteur de la piscine Alfred-Nakache, c’est le Marseillais qui a enlevé la première manche. Sans contestation. Vainqueur de la finale en 53’’59, Lacourt a réalisé la deuxième performance de l’année (53’’55 pour l’Américain Matthew Grevers) loin devant les Amiénois Stravius (54’’83) et Stasiulis (54’’94).

Alors forcément, du côté de la zone d’interview, les réactions étaient contrastées. « Je suis très déçu du temps. Je n’arrive pas à trouver ma vitesse. Je crois que je vais devoir changer des choses pour mon entraînement », pestait Stravius, pourtant en forme le matin avec le meilleur temps des séries du 100m NL (49’’61) avant de décider de faire l’impasse. Pas très loin de là, et sans aucun regard pour sa victime du jour, Lacourt laissait lui échapper un cri de joie avant d’enchaîner : « Je suis très satisfait du temps et de la manière. Je profite du travail qui a été fait et ça se voit dans l’eau. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’étais là pour prendre des repères. Je m’en suis tenu aux plans. Ça fait un bon point dans la confiance. »

Prochain rendez-vous à Dunkerque

Pendant que l’un emmagasine de la confiance, l’autre ressasse ses doutes et remet en cause ses méthodes d’entraînement. Jusqu’à cette finale, les deux hommes avaient soigneusement pris le soin de s’éviter. Lors des entraînements de jeudi d’abord, où après s’être rapidement salué, ils ont enchaîné les longueurs dans leur coin. Lors des séries ensuite, où après avoir nagé le premier, Stravius n’a jeté qu’un rapide coup d’œil sur le final de son adversaire avant de filer avant même la touche. Après les épreuves, c’est auprès de leurs coéquipiers que les deux hommes ont terminé la journée. Et pendant que le populaire Camille Lacourt s’invitait en tribune pour signer quelques autographes, Stravius est longtemps resté dans le coin réservé aux Amiénois avant de quitter les lieux parmi les derniers nageurs.

La page nancéienne tournée, c’est à Dunkerque, à l’occasion des championnats de France (18 au 25 mars) que les deux hommes se croiseront de nouveau. En ligne de mire, un titre de champion, mais surtout un billet olympique à valider. « L’an dernier, on a fait beaucoup plus de duels, expliquait Stravius la veille de la compétition. On s’est beaucoup plus affronté. C’est toujours un plus de nager contre Camille. On ne s’échappe pas dans ce genre d’affrontement. Je ne demande que ça, de nager contre lui. Ça nous a toujours aidés et ça nous a emmenés à notre niveau de 2011. On va chacun pouvoir se mesurer au champion du monde. Ça va être sympa. » Lacourt 1, Stravius 0.

Le titre de l'encadré ici

« C’était pourri » pour Bernard |||

Alain Bernard faisait figure de doyen au milieu de la jeune génération de sprinteurs français. Du haut de ses 28 ans, et mis à mal par Yannick Agnel (19 ans) vainqueur autoritaire en 49’’44, le nageur d’Antibes a pris la deuxième place du 100m NL terminé en 49’’92. « J’ai rarement été aussi mal dans l’eau, confiait le champion olympique. C’était pourri. Chacun fait avec les moyens du bord. Tout le monde est plus ou moins entamé. Les jeunes ont plus de fraicheur et les anciens l’expérience. C’est ce qui fait que c’est très dense même si ça ne va pas très vite. » Et à voir l’insolence de Clément Lefert (24 ans) et Mehdy Metella (19 ans), respectivement troisième en 49’’93 et cinquième en 50’’11, on comprend mieux la méfiance d’Alain Bernard. Tout comme on comprend la déception de William Meynard, troisième des derniers championnats du monde et seulement sixième de… la finale B en 51’’76. « Je ne venais pas ici pour gagner, mais pour prendre des repères, calmait le Marseillais. Je sais où j’en suis maintenant. Je ne vais pas m’inquiéter pour rien. Je connais mon niveau. Je sais où j’étais et où je suis maintenant. Je vais travailler sans réfléchir. »

P.Ta. à Nancy