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Le gros coup de Petar

Petar Kovacevic

Petar Kovacevic - -

En s’en prenant violemment à l’arbitre, Petar Kovacevic, l’entraîneur de Marseille et de l’équipe de France, a complètement dérapé lors de la finale du championnat de France, gagnée par son club dimanche face à Montpellier (10-5). Portrait d’un garçon réputé plutôt calme. Jusque là…

Une bagarre en tongs et en maillot de bain sur le bord d’une piscine. Non, il ne s’agit pas d’une querelle à propos d’une serviette mal étendue dans le camping de Palavas-les-Flots. La scène s’est déroulée, dimanche, autour du bassin olympique d’Antigone (Montpellier) lors du match d’appui de la finale du championnat de France entre Montpellier et Marseille. Petar Kovacevic, l’entraîneur marseillais, s’est jeté sur l’arbitre de la rencontre à la fin du troisième quart-temps. La raison ? Le technicien monténégrin n’a que modérément goûté aux deux expulsions coup sur coup de Mehdi Marzouki et de Thibault Simon. Il s’en est pris violemment à Pierre Bonnay, l’arbitre de la rencontre. Ce dernier est alors tout proche de tomber dans le bassin et a bien failli essuyer des coups avant d’être séparé de son agresseur.

Une image déplorable d’autant que Kovacevic est également le sélectionneur de l’équipe de France (en duo avec Samuel Nardon, entraîneur de Nice) depuis 2009. Cette sortie musclée égratigne le bilan du Monténégrin, qui est en passe de qualifier la France pour l’Euro 2012. « Nous l’avons recruté sur la proposition de Marc Crousillat (vice-président du CNM et responsable du haut-niveau à la Fédération), rappelle Francis Luyce, le président de la Fédération. Il semblerait que cela soit très efficace. Jusqu’au match de Montpellier, je n’avais aucune alerte qui me laissait penser que nous avions fait le mauvais choix. »

Il a gâché la fête

Ce pétage de plomb lui a déjà valu une petite explication avec sa hiérarchie fédérale, même si pour le moment, aucune sanction n’a été prise. Dominique Basset, adjoint au DTN en charge du water-polo, était présent lors de l’altercation. Il s’est entretenu, par téléphone ce lundi matin, avec son sélectionneur. « On va voir, c’est à l’étude. On va aussi attendre de réunir tous les faits avant de se prononcer », évoque t-il au sujet du technicien qu’il qualifie de « nature calme ».

L’entraîneur national risque de un à trois ans de suspension même si son club espère un peu de clémence et vise « quatre à dix matchs de suspension ». « C’est incompréhensible ce qui s’est passé, Petar a dérapé, il est allé trop loin », conclut Marc Croucillat. Dimanche, Kovacevic a gâché la fête et relégué le sportif au deuxième plan. Accessoirement, son équipe s’est imposée (10-5) et a remporté le championnat pour la septième année consécutive et la 33e fois de son histoire. Dommage que cette statistique remarquable ne soit pas le seul enseignement à tirer de cette triste journée.