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Le relais passe encore…

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Après un finish épatant de Fabien Gilot, les quatre relayeurs français ont déroché une splendide médaille d’argent derrière d’impressionnants australiens en finale du 4x100m des Mondiaux de Shanghai. Mais les partenaires d’Alain Bernard, décevant dimanche, sont toujours à la recherche d’un premier grand titre en grand bassin.

Les relayeurs français ne règnent pas encore sur le monde en grand bassin. Dans la majestueuse piscine de l’Oriental Sports Center de Shanghai, Alain Bernard, Jérémy Stravius, William Meynard et Fabien Gilot ont pourtant réalisé une magnifique performance lors d’un relais 4x100m très attendu. Devant les Etats-Unis, 3e, et les Russes, décevants 5e, les nageurs tricolores ont été devancés par des Australiens en état de grâce. Couverts d’argent, les Français peuvent pourtant nourrir quelques regrets. Premier relayeur, Alain Bernard, impérial durant les séries (48’’37), a en effet placé ses partenaires dans une position inconfortable en finale avec un chrono décevant (48’’75). Mais alors que Jérémy Stravius limitait la casse, William Meynard et surtout Fabien Gilot (le plus rapide de tous les relayeurs de cette finale en 47’’22), ont envoyé la France sur la deuxième marche du podium après un finish explosif. « Il a manqué peu de choses, regrette Gilot. Avec un ou deux mètres en plus, j’avais Eamon Sullivan à la touche ! On n’a vraiment pas à rougir. Les Australiens ont fait un gros relais. Cette médaille a bon goût. Les Russes et les Américains ont pris beaucoup plus cher que nous. Il y a des hauts et des bas pour toutes les nations. Nous, on est tout le temps là. On fait voir tous les ans qu’on est bons et réguliers. »

Bernard : « Pas envie de parler de malédiction »

Malgré leur satisfaction, les nageurs français restent habitués aux places d’honneur. Et en dépit d’un titre en petit bassin à Dubai en 2010, ils sont toujours à la recherche d’un premier sacre : « Il y a une part de déception mais je n’ai pas envie de parler de malédiction, souffle Alain Bernard. On a fait une super course. Chacun a donné tout ce qu’il avait. » Si le champion olympique du 100m souligne l’excellent état d’esprit qui règne au sein du relais tricolore, sa performance interpelle. « Ça s’est joué au départ, remarque ainsi son équipier William Meynard. Alain a nagé moins vite qu’en séries. Les relayeurs australiens étaient plus rapides. Fabien (Gilot) et moi, on est bien remonté. »

A un an des JO, et alors que l’ambiance était tendue il y a encore quelques semaines, ce statut de vice-champion du monde ravit le clan tricolore : « Je suis très heureux, jubile Gilot. On a vraiment une superbe équipe. Ce qu’on a fait est magnifique. On aurait aussi pu finir quatrième… » Alain Bernard a lui aussi rapidement oublié sa contre-performance pour mettre en avant la complicité qui unit les quatre relayeurs : « Notre envie se lit dans le regard. On n’a même pas besoin de se parler. Avant la finale, on s’est dit qu’on n’avait rien à perdre. On voulait prendre du plaisir et c’est ce qui a prédominé dans cette course. Ça n’a pas de prix. »