RMC Sport

Leveaux : « Les Jeux de Rio, c’est envisageable »

Amaury Leveaux

Amaury Leveaux - -

« Porté disparu » des radars il y a encore un an, Amaury Leveaux revient de Londres avec 2 médailles dont un titre olympique avec le 4x100m. Remis sur les bons rails, le protégé de Philippe Lucas ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Amaury, vous achevez ces Jeux avec le statut de nageur français le plus titré de l’histoire des JO (4 médailles, comme Alain Bernard). C’est assez exceptionnel, non ?

Je ne savais même pas que j’étais le nageur qui avait le plus de médailles ! Mon objectif, ce ne sont pas les records mais les victoires. Je n’ai pas beaucoup de médailles d’or. J’en ai surtout sur les Championnats d’Europe même si maintenant, j’en ai une sur les JO (avec le relais 4x100m, ndlr). C’est exceptionnel. Je ne m’en plains pas. Mais je ne compte pas mes médailles.

Au cours de ces Jeux, le regard des autres nations sur la France a-t-il évolué par rapport à un passé récent ?

Je pense que les autres nations nous estiment un peu plus. Je ne crois pas que notre statut ait changé par rapport aux Américains. C’était plus : « Bienvenue parmi nous ! ». Ils commencent à être attentifs à nous. Il y a 4 ans, il n’y a pas un nageur ou un coach américain qui nous calculait, ou alors très vite fait. Il y a eu une certaine reconnaissance du genre : « Ah, vous l’avez fait ». Les entraîneurs australiens, américains et celui de Van Den Hoogenband (Jacco Verhaeren) nous demandaient nos perfs du matin. Les autres se méfiaient un petit peu. Au tableau des médailles, nous terminons 3es. C’est exceptionnel, ne l’oublions pas.

A titre personnel, votre passage à vide vous-a-t-il servi pour être meilleur ?

En 2008, j’étais tellement déçu que j’ai donné rendez-vous à tout le monde en 2012. En 2009, il y a eu les Championnats d’Europe de Rome. Pendant cette compétition, le décès de mon père m’a beaucoup affecté. Ce n’était pas facile mais j’arrive quand même à glaner une médaille de bronze. Après les JO de Pékin, je me suis égaré. En 2010 et 2011, je suis parti à Paris. J’étais invité à droite, à gauche. Je nageais pour nager et non pour être performant. En revanche, cette année, je voulais nager pour être performant. A présent, je veux aller le plus loin possible. J’ai envie de faire une grosse année l’an prochain. Je sais que 2016 et les Jeux Olympiques de Rio, c’est envisageable (il aura 30 ans).

Un dernier mot sur votre Twitter, dont vous êtes un des meilleurs ambassadeurs !

J’aime bien Twitter, c’est marrant. Je suis arrivé aux JO avec 7000 followers, maintenant j’en suis à 17000 (à ce jour, il flirte même avec les 20 000). Quand tu regardes Tony Parker ou les autres sportifs, c’est démesuré. En réalité, il y a quelques mois, on m’a demandé de changer ma biographie et dire que j’étais à la recherche de partenaires.

Parce que c’est le cas, malgré votre retour sur le devant de la scène ?!

A Londres, j’avais juste Toyota comme partenaire. Toutefois, c’est un peu de ma faute puisqu’après 2008, j’ai dit « à dans 4 ans ». Malheureusement, je n’étais pas au top en 2010 et 2011. Cette année, j’ai réussi à me remettre mais vous savez, c’est dur de miser sur un nageur qui n’a pas forcément de résultats depuis 2 ans. Quand tu vois Yannick Agnel qui est jeune et Alain Bernard, c’est plus facile.