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Manaudou sous la menace

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Après deux contrôles antidopage manqués au mois de septembre, la star de la natation française n’a plus le droit à l’erreur. En cas de troisième absence, elle sera automatiquement suspendue pour les Jeux olympiques de Londres.

Laure Manaudou n’a plus le droit à l’erreur. En manquant deux contrôles antidopage (« no show » dans le jargon sportif) au mois de septembre dernier, la star de la natation française s’est imposée, malgré elle, une pression énorme sur les épaules. A quatre mois du coup d’envoi des Jeux olympiques, pour lesquelles elle vient de décrocher ses tickets pour les 100 et 200 m dos, un troisième faux-pas sera synonyme de suspension à Londres. Un scenario terrible, que vit très mal la nageuse de Marseille. « Dans l’esprit des gens, c’est comme être positif, a-t-elle confié au Parisien. Depuis, je vis dans un stress permanent pour ne pas me tromper d’une minute ou d’un numéro de rue dans mes indications de localisation.»
Le procédé est simple, connu des athlètes, mais aussi intransigeant : comme 1300 autres sportifs français en cette année olympique, Laure Manaudou a l'obligation de renseigner sur un logiciel de géolocalisation son emploi du temps précis. Au jour le jour. Et elle a failli à deux reprises. « Une fois, je m’étais plantée d’heure, l’autre j’étais partie au resto à une réunion du Cercle des nageurs », explique-t-elle. Aujourd’hui, la peur de manquer les JO a bouleversé ses habitudes. « Je m’occupe de tout moi-même pour me responsabiliser, explique-t-elle. S’il m’arrive quelque chose, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi. »

Genevois (AFLD) : « Pas de traitement de faveur »

Comme tous les nageurs, Laure Manaudou ne peut pas se défendre en affirmant qu’elle n’était pas prévenue. Après les suspensions du pistard Grégory Baugé ou de Jeannie Longo (pour cette dernière, la procédure a été annulée pour vice de forme), pour des cas similaires, Christian Donzé, le DTN de la natation française, avait envoyé un courriel à ses nageurs. Objectif : leur rappeler leurs obligations. Un nouveau mail leur sera d’ailleurs envoyé dans les prochains jours.

Du côté de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), on reste en tout cas inflexible : « Il ne peut pas y avoir de traitement de faveur, confirme Bruno Genevois, le président de l’AFLD. Il ne peut y avoir qu’une application des lois et règlements s’imposant à l’agence. » Laure Manaudou sait à quoi s’en tenir.

Aurélien Brossier avec JS