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Manaudou : un couac et des doutes

Laure Manaudou

Laure Manaudou - -

Laure Manaudou est passée hier à côté de sa finale du 100m dos à l’Open EDF. Seulement 5e à 1’36 de la Russe Anastasia Zueva, la nageuse star est sortie très déçue de sa performance. Une prestation qui interpelle à vingt jours des JO.

Visage fermé, frustrée, Laure Manaudou passe devant les journalistes en glissant un « je ne veux pas parler » évocateur. Nous sommes alors quelques instants après la finale du 100m dos de l’Open EDF de Paris, qu’elle venait de rater, n’obtenant qu’une modeste 5e place avec un temps de 1’01’’16 (soit une seconde de plus que sa meilleure performance cette année). Un résultat forcément décevant pour la grande championne qu’elle a été et qu’elle tente de redevenir.

Si Laure Manaudou n’a pas souhaité commenter cet échec, son entourage s’est avéré un peu plus loquace et a préféré temporiser sur cette contre-performance à 20 jours du début des Jeux Olympiques. Son petit frère Florent en tête, qui a terminé deuxième de sa finale du 50m NL, et qui garde une confiance totale en elle : « Laure a bossé énormément durant deux semaines. Elle n’arrive peut être pas à retranscrire tout ça dans l’eau, mais c’est le cas de pas mal de nageurs marseillais, et de l’Équipe de France aussi. Je ne suis pas inquiet, elle sera bien là aux Jeux».

Barnier : « avoir la meilleure Laure possible à Londres »

A la décharge de l’ex protégée de Philippe Lucas, elle sort tout juste – à l’instar de ses partenaires du cercle des nageurs de Marseille – de deux semaines de stage intensif et usant pour les organismes. Il était donc prévisible que les records ne pleuvent pas à cette période charnière de la préparation pour les JO. Une excuse qui n’a visiblement pas apaisé Laure Manadou à la sortie de sa course. « C’est le côté impatient de Laure qui veut immédiatement valider tout ce qu’elle a travaillé à l’entrainement, expliquait Frédéric Bousquet, son compagnon. Il y a un temps d’adaptation pour digérer deux grosses semaines de travail ».

Autre élément important, il s’agissait de la première compétition de la nageuse depuis les championnats de France de Dunkerque en mars dernier. Une performance moyenne, mais compréhensible, qui a laissé un avis mitigé à son entraineur Romain Barnier. « Pour une première compétition c’est très bien, pour une dernière répétition avant Londres, c’est moins bien. Il est normal qu’elle soit frustrée et c’est tant mieux : Laure est le genre d’athlète avec qui d’une frustration naitra une meilleure performance » déclarait-il quelques minutes après la finale, avant d’ajouter : « A moi d’utiliser les bons ingrédients pour avoir la meilleure Laure possible à Londres. Les miracles, c’est à Lourdes, les performances, ce sera à Londres». Le temps est désormais compté.

Anthony Tallieu avec Julien Richard