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Meynard vole la vedette à Agnel

William Meynard, entouré par Yannick Agnel et Fabien Gilot

William Meynard, entouré par Yannick Agnel et Fabien Gilot - -

Le favori Yannick Agnel ira bien aux Mondiaux de Barcelone, mais après avoir dû se contenter de la 2e place sur la finale du 100m des Championnats de France. Parce que vendredi à Rennes, la star, c’était le Marseillais William Meynard.

Grosse surprise dans le bassin olympique de Rennes, signée William Meynard. Ce vendredi, le Marseillais de 25 ans a effacé le favori Yannick Agnel en finale du 100m des Championnats de France. Les deux hommes iront à Barcelone pour les Mondiaux de cet été, mais l’outsider a frappé les esprits, et en premier lieu celui de son génial adversaire, triple médaillé olympique à 20 ans. « L’objectif, c’est plus tard, il faudra travailler, j’avais dit que cette finale serait intéressante, je ne me suis pas trompé », a déclaré, visiblement déçu, le Niçois à la sortie du bassin.

Avec un chrono de 48’’62, Yannick Agnel a amélioré de dix centièmes son temps des demies, mais il avait certainement en tête de faire mieux. Meynard a créé la surprise en s’imposant en 48’’53. Le nageur du Cercle de Marseille a signé la troisième meilleure performance mondiale, derrière Adrian (48’’11) et Magnussen (48’’38). Surtout, il a nettement élevé son niveau par rapport aux demi-finales (49’’20). Meynard, qui a écrit son succès dans le second cinquante mètres, a rendu hommage à Agnel : « Yannick m’a poussé ». Ce dernier, en tête au virage (23’’24 contre 23’’44), a peut-être trop cru en ses forces. La veille, c’est du bout des lèvres qu’il a évoqué son adversaire. « Oui, oui, j’ai vu, j’ai vu, je pense qu’il n’a pas tout donné, ça réserve une finale intéressante. » Pour sûr, mais pas nécessairement avec les lauriers pour Meynard (Gillot et Leveaux sont, eux, qualifiés au titre du relais).

En 2012, il promettait de revenir plus fort

Le Marseillais n’est pas un inconnu. Seulement son nom rime autant avec le bronze (aux Championnats d’Europe 2010 et du monde 2011) qu’avec les passages à vide. Accidenté en moto en 2010, il revient aux Mondiaux de Shanghai. Opéré en 2011, il loupe son come-back aux derniers Championnats de France (Dunkerque), qualificatifs pour les JO. Il sera du voyage à Londres en tant que doublure du relais. Son entraineur Romain Barnier, dit de lui qu’il « aime se faire mal ».

Au fond du seau il y a un an, il reconnaissait la supériorité de ses adversaires. « Il y a des gens plus forts que moi aujourd’hui, mais je prendrai ma revanche et je reviendrai plus fort. » Quand il est dans l’eau, il dit de ses rivaux qu’ils sont des « hommes sans visage » et qu’il s’en « débarrasse ». Etonnant personnage. Iconoclaste. En sortant du bassin, jeudi après les demies, il a lâché : « Je ne sais pas si les autres ont caché leur jeu. On verra demain (vendredi) en finale surtout... On verra qui a les plus grosses... » Meynard a joint l’acte à la prose.

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