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Muffat-Agnel, les Nice people ont encore faim

Camille Muffat et Yannick Agnel

Camille Muffat et Yannick Agnel - -

Les deux champions olympiques niçois jouent leur qualification pour les Mondiaux à partir de ce mardi aux championnats de France de Rennes. Sans grosse tête mais avec de légers changements dans leur organisation.

Ils ont beau être champions olympiques, Yannick Agnel et Camille Muffat (ainsi que Charlotte Bonnet, médaillée de bronze sur le 4x200m) devront, comme tous les autres nageurs français, décrocher leur qualification pour les Mondiaux de Barcelone (28 juillet - 4 aout) à l’occasion des championnats de France, qui débutent ce mardi (jusqu’au 14 avril) à Rennes. Une échéance qui tombe à pic pour les héros de Londres, tout heureux de retrouver l’ivresse d’une compétition après s’être un peu ouverts sur l’extérieur en chantant avec les Enfoirés ou en s’impliquant auprès de la marque de coiffure Pascal Coste pour Camille Muffat. « Ça a été assez pauvre depuis le mois de janvier comparé à l’année dernière, où nous étions tout le temps en stages et en compet’, se souvient Camille Muffat. On a moins de repères et j’ai hâte. »

L’échéance olympique passée, les nageurs entament un nouveau cycle sous le signe du changement. « On ne gère pas l’après-Jeux mais l’avant-JO de Rio », présente Fabrice Pellerin, qui a donc décidé d’insuffler un nouvel esprit au groupe « sans changer de mentalité ». Si le décor autour de la piscine Jean-Bouin de Nice n’a pas beaucoup évolué, les discussions résonnent à l’international depuis les arrivées d'étrangers comme la Danoise Lotte Friss ou le Hongrois David Verraszto. Une « auberge espagnole... sans Espagnols », s’amuse Pellerin. Ce dernier s’est même adjoint les services d’un assistant anglais, Marc, pour l'aider au quotidien lors des séances d'entraînement. Objectif ? Oublier Londres et les titres pour créer « une nouvelle recette ».

Pellerin : « Ils ne vont pas sur les dance floors de Monaco »

« Les choses ont changé dans la façon dont on organise la semaine, explique l’entraîneur. Si on se contente de faire la même recette, on ne fait que reproduire les choses. Ce qui est risqué mais susceptible de procurer une meilleure joie, c’est de tenter d’obtenir un plat avec un meilleur goût. On a fait table rase des années écoulées. Si on est sur l’idée de défendre un CV, on se rajoute de la peine quotidienne pour préparer les évènements à venir. » La routine niçoise a pourtant repris avec, depuis janvier, des entraînements tous les jours dès 7h du matin, même le dimanche. « Si on continue dans cette mouvance, c’est que ça nous plait, assure Yannick Agnel. On s’amuse. C’est bien de se trouver des nouveaux challenges comme être champions du monde. »

Camille Muffat acquiesce : « Je suis championne olympique mais d’autres le sont cinq, six, sept ou huit fois. Je ne suis pas championne du monde, pas championne d’Europe. J’ai d’autres choses à accomplir. » L’or olympique n’a pas changé la soif de victoire de ces champions hors normes. « Ils ont toujours la tête sur les épaules et ils sont même plus cools, témoigne Charlotte Bonnet. Parce que la pression et le stress étaient plus importants l’année dernière avec un titre en jeu. » Le « bourreau » atteste que la grosse tête, ce n’est pas pour maintenant : « Ils ont un profil qui n’est pas de nature à effrayer l’entraîneur, se réjouit Pellerin. Ils ne jouent pas au poker toute la nuit, ils ne vont pas sur les dance floors de Monaco tous les samedis. Je suis gâté. J’ai une population de nageurs assez monastique dans son fonctionnement. » Comme avant…

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Nicolas Couet (avec J.R. à Nice)