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Muffat s’est noyée toute seule

Camille Muffat

Camille Muffat - -

Championne olympique de la distance, Camille Muffat est passée complètement au travers de sa finale mondiale du 400 m, ce dimanche à Barcelone. Loin derrière l’Américaine Katie Ledecky, la Niçoise réfute l’influence qu’aurait pu avoir le clash qui oppose son entraîneur, Fabrice Pellerin à son ancien coéquipier Yannick Agnel.

19h04. Extinction des feux dans le couloir de Camille Muffat. La Française tient son bonnet de bain, comme si elle espérait le baisser suffisamment pour la cacher aux yeux du monde. Mais la championne olympique du 400m nage libre ne peut masquer l’évidence : avec un chrono de 4’07’’67, la Niçoise a fini septième de la finale mondiale de la distance, ce dimanche, loin, très loin donc de l’Américaine Katie Ledecky, sacrée en 3'59"82. « Je ne suis jamais entrée dans cette finale, confesse Muffat. 4’07’’, ce n’est pas ma valeur. C’est évident, je le sais. Il faut faire profil bas. Il n’y a pas de champion olympique. Aujourd’hui, j’ai été nulle. »

Alors quoi ? Auteur du sixième temps en séries le matin, la Française aurait-elle été tout simplement en dedans ? « En ayant fait 4’05 tranquillement ce matin, je sais que ce n’est pas un problème de forme », affirme-t-elle, confirmant la thèse de la gestion qu’avançait le DTN Lionel Horter. Un excès de confiance peut-être ? « J’ai été championne olympique l’année dernière. Ça, c’est fait. Championne du monde, c’est peut-être moins difficile. Pourtant, j’ai travaillé autant que l’année dernière à l’entraînement donc ça n’a rien à voir. »

Reste l’hypothèse du doute. « Il a suffi d’un regard à côté pour que je ne rentre pas dans ma course, poursuit Muffat. J’ai certainement eu le doute qu’une très jeune fille (Ledecky) qui progresse puisse nager vite. Je m’en veux de ne pas avoir montré ce que je savais faire. Les gens vont se dire : "Tiens, elle a été championne olympique, elle n’a rien foutu cette année." Je savais que c’était à ma portée de gagner un an après les Jeux. Mais je n’ai pas été la championne que j’étais depuis un an et demi. Avant cette course, je me sentais bien. Pendant la course, quelque chose a basculé. »

« Rien à voir avec l’affaire Pellerin-Agnel »

Ce quelque chose, n’était-ce pas l’affaire qui oppose son entraîneur, Fabrice Pellerin à son ami et ancien compagnon d’entraînement à Nice Yannick Agnel ? « Non… J’ai entendu parler de cette affaire. Je n’en ai pas parlé avec Fabrice, affirme-t-elle. Ce ne sont pas vraiment mes affaires. Si on doit en parler, ce sera à la rentrée. Ma contre-performance n’a rien à voir avec ça. » Et à l’heure de rendre des comptes à son mentor, la Niçoise ne parait pas plus troublée : « Je me doute que ça ne va pas bien se passer. Mais je n’ai rien à dire. Je m’en veux peut-être plus que lui. Je ne pense pas qu’il m’en veuille. Il va trouver ça dommage. Ce n’est pas censé arriver. »

Son regard est déjà tourné vers le 200m et le relais 4x200 m. Pour se refaire et effacer ce maudit 400 m. Persuadée de faire mieux, assurément. « Il n’y a pas de raisons, avance-t-elle. Je sais ce que je vaux, ce que j’ai fait. J’ai prouvé que je pouvais être rapide et gagner des médailles. Ça, ça n’a pas changé. Cette course a été mauvaise. Je vais la mettre derrière moi et passer à autre chose. »

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