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Natation (France) : Agnel "plus un outsider qu’une cible"

Yannick Agnel

Yannick Agnel - AFP

Yannick Agnel s’est hissé ce mercredi matin à Montpellier en finale du 200m nl des championnats de France, qualificatifs pour les Jeux Olympiques de Rio, en réalisant le 4e temps des séries (1’48’’60). Le Mulhousien, qui ne s’était pas exprimé en amont de ces championnats de France, plongé dans le silence médiatique par son entraîneur Lionel Horter, est apparu souriant. Et blagueur, comme à son habitude.

Yannick Agnel, comment s’est passé ce premier 200m aux championnats de France ?

Ça s’est plutôt bien déroulé. J’avais la chance d’être en dernière série et donc de pouvoir gérer par rapport aux deux séries d’avant. Je suis parti bien le premier 50m et quand j’ai vu que ça fonctionnait bien, j’ai mis les rétrofusées. Être qualifié pour la finale, c’est le principal.

Tous les gens interrogés disent que vous êtes capable, pour les grands évènements, de réussir des choses exceptionnelles que vous ne pouvez pas faire toute l’année… Est-ce que vous sentez que ça se met en place ?

Ça veut dire que je fais des choses pourries toute l’année, merci… (Rires) Oui, je le sens. Notamment sur les dernières semaines, j’ai senti que c’était vachement mieux. Après, à Marseille, on a fait en sorte de garder encore plus d’énergie et d’en gagner même. Et je l’ai senti ce matin. On verra ce que ça donne ce soir (finale à 18h56, ndlr). De toute manière, je vais donner le meilleur de moi-même et je crois que le principal, c’est de ne rien regretter, vraiment.

Pourquoi c’est plus difficile cette année qu’en 2012 ?

S’il y a quatre ans, on m’avait dit qu’il se passerait tout ce qu’il s’est passé durant cette olympiade, je ne l’aurais jamais cru ! Je finis à Mulhouse en plus… (Rires) Non, je rigole, j’adore. Franchement, ce sont des gens supers et même la ville est top. Il s’est passé énormément de choses. Il y a des choses que psychologiquement, j’ai pu accepter, qu’on a pu accepter avec Camille (Muffat) à l’époque. A un moment donné, après les Jeux, les choses sont parties en cacahuète et on a dit stop tout simplement, chacun à notre façon. Il y a eu beaucoup de changements avec les Etats-Unis, qui m’ont fatigué. Il y a eu la disparition de Camille qui m’a affecté (le 9 mars 2015 sur le tournage de Dropped, ndlr). Il y a eu des choses dans mon cercle familial qui ont été compliquées à gérer. Bref, ce n’est pas pour chercher des excuses mais bon, je vieillis aussi. J’ai eu mon lot d’expériences et c’est différent. Et le but, ce n’est pas de l’appréhender comme il y a quatre ans.

Comment ces expériences vont-elles vous servir pour aller chercher une qualification pour les JO ?

J’ai quatre heures pour y répondre ? (Rires) Je crois que je suis capable d’aller chercher dans les tréfonds de moi-même pour décrocher de belles choses. J’espère ouvrir la boite de pandore ce soir et on verra bien ce que ça donnera. Mais dans tous les cas, je suis motivé. Et il y a de la concurrence.

Avez-vous l’impression d’être une cible en tant que champion olympique du 200m ?

Non, pas vraiment. En l’occurrence, je suis plus un outsider qu’une cible et c’est une configuration qui me plait, qui ne me dérange pas. On verra bien ce que ça donne ce soir. Franchement, je ne me prends vraiment pas la tête et je pense que c’est comme ça que ça réussit le mieux.

Julien Richard à Montpellier