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Rouault, une surprise en or !

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A 24 ans, le natif du Chesnay a apporté à la France après sa victoire inattendue dans le 1500 m NL sa troisième médaille d'or à Budapest.

Les jours se suivent et se ressemblent pour l’équipe de France lors de ces Championnats d’Europe de Budapest. Mais cette fois-ci, ce ne sont pas les stars habituelles qui se sont mises en évidence. L’espace d’une journée, Alain Bernard, Frédérick Bousquet, Camille Lacourt ont été éclipsés par le talent d’un jeune Francilien de 24 ans, déjà médaillé d’argent il y a quatre ans dans ce même bassin Alfred-Hajos.

Longtemps en deuxième position hier lors de ce 1500 mètres NL, Sébastian Rouault a attendu les deux cents derniers mètres pour accélérer et croquer le Féroïen Pal Joensen. Résultat : une huitième médaille pour la délégation tricolore, un record de France et la meilleure performance mondiale de l’année (14:55.17). Peu de temps après son coup d’éclat, il gardait les pieds sur terre se souvenant des jours moins glorieux. « Avant d’arriver à cette médaille, je suis passé par pas mal de déceptions. Il a donc fallu reconstruire. Il y a quatre ans quand j’ai obtenu la médaille d’argent ici même, je ne me rendais pas compte. Là, je savoure parce que j’ai cravaché pour aller la chercher. Aujourd’hui, j’avais la hargne. »

Horter : « Sébastien était presque trop intelligent »

Ce même sentiment de compétiteur acharné ne l’a toutefois pas toujours accompagné. Trop facile, pas assez tueur. Son potentiel de nageur hors-pair a mis plus de temps que prévu à se révéler. Son nouvel entraîneur depuis le début de l’année, Lionel Horter l’explique. « Sébastien, c’est un garçon curieux et presque trop intelligent. C’était un souci parce qu’il était si facile. Dans le sport, il faut s’entraîner sans cesse. C’est peut-être pour ça qu’il a mis du temps à décrocher un titre », confie son entraîneur.

Désormais pour ce nageur à la tête bien pleine, diplômé en économie à l’université d’Athens (Etats-Unis), l’objectif est clair : relever le challenge des JO 2012 de Londres et tourner définitivement la page Pékin 2008 : « Les Jeux ont été un échec pour moi. J’ai pris une sacrée claque. C’est dur de se remettre dans l’eau et avoir l’envie. Maintenant, je dois entretenir cette dynamique jusqu’à Londres. »

Florian Fieschi avec J.R.