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Stravius, retour en lumière

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Dans le creux de la vague après des championnats de France 2012 ratés, Jérémy Stravius se retrouve sous le feu des projecteurs après une édition 2013 particulièrement réussie. Titré quatre fois à Rennes, l’Amiénois est de retour par la grande porte.

C’est une nouvelle qui semblait ravir toute la piscine à Rennes. De retour au premier plan, Jérémy Stravius (24 ans) en a visiblement fini avec ses démons. Ceux qui avaient condamné ses espoirs olympiques sur 100m dos l’an dernier, alors que l’Amiénois était co-champion du monde de la distance en 2011 avec Camille Lacourt. En Bretagne, Stravius a éclaboussé le bassin de sa classe et de sa simplicité. Quatre titres de champion de France (50m et 100m dos - avec à chaque fois la meilleure performance mondiale de l’année -, 200m 4 nage, et 100m papillon) et de l’argent sur 200m nage libre. « C’est un mec en or, lâche, admiratif, son ami Alain Bernard. C’est un mec bien. Et j’insiste. Il a des rapports sincères, il s’intéresse aux plus jeunes, que ce soit en équipe de France ou au sein de son équipe d’entraînement. »

Alors forcément, ses résultats lui redonnent le sourire. « Le fait d’être revenu me tenait à cœur, livre le principal intéressé. C’est une revanche que je voulais prendre. » Et le fait de revenir sous le feu des projecteurs ? « Ça ne me provoque plus de crainte. J’ai appris de l’échec de l’an dernier. Je ne me ferai plus avoir. Je sais comment il faut travailler. Je sais ce que je fais, la manière dont je pense, dont je m’entraîne. » Comme aux championnats d’Europe en petit bassin en novembre dernier à Chartres (6 médailles dont 5 en or), il quitte ainsi la compétition en étant le nageur le plus médaillé et le plus titré. Mieux, en étant qualifié sur cinq épreuves individuelles pour les championnats du monde de Barcelone, il réalise ce qu’aucun Français n’avait effectué avant lui.

Agnel : « Ce qu’il fait est hallucinant »

Jérémy Stravius et son entraîneur Michel Chrétien feront donc des choix pour le rendez-vous catalan. « Il est encore un peu tendre dans son expérience à enchaîner les courses », explique Chrétien. Le 200m nage libre et 100m papillon sortiront ainsi de son programme pour ne pas griller ses chances sur 100m dos. « Je ne veux pas jouer avec le feu, reprend le nageur. Il ne faut pas être trop gourmand. Mieux vaut un bon résultat que deux moyens. » Et quel meilleur hommage que celui d’un champion olympique : « Ce qu’il a fait est hallucinant, lâche Yannick Agnel. On ne se rend pas compte à quel point c’est difficile d’enchaîner les courses comme il l’a fait et avec un tel niveau de performance. La dernière fois que je l’ai vu comme ça, c’était avant son 100m dos et son titre à Shanghai. J’espère que cela va augurer de belles choses. »

Mais Jérémy Stravius n'est pas seulement un nageur polyvalent et talentueux. C'est aussi un amoureux des animaux. « Les chiens, les chats, c'est toute une famille, s’enthousiasme l'Amiénois. J'ai deux enfants on va dire, mes deux chiennes. » Après les Jeux Olympique de Rio en 2016, Jersey et Gypsi, ses deux cockers américains, ne seront plus les seules élues de son cœur puisqu'avec ses primes de Londres (champion olympique avec le 4x100m et médaillé d'argent avec le 4x200m en ayant participé aux séries), et, il l'espère, celles de Rio, il compte investir dans la création d'un chenil, ou plutôt un « hôtel pour chiens et chats ». « C'est un vrai projet auquel je tiens vraiment, raconte-t-il. J'adore ce milieu-là et je ne veux pas rester dans le milieu de la natation. Il y aurait un excès de chlore. »

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