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Le Japon dans l'Arc

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Treize sera-t-il le chiffre fétiche du pays du Soleil levant ? Orfèvre (4 ans), cheval de l’année au Japon, sera en effet le treizième cheval nippon à participer au Prix de l’Arc de Triomphe.

Depuis Speed Symboli en 1969, Mejiro Musashi (1972), Sirius Symboli (1986), El Condor Pasa (1999), Manhattan Café (2002), Tap Dance City (2004), Deep Impact (2006), Meisho Samson (2008), Nakayama Festa (2010 et 2011), Victoire Pisa (2010) et Hiruno d’Amour (2011) ont tenté leur chance dans la plus belle épreuve du calendrier français en plat. Leurs meilleurs résultats furent les deuxièmes places d’El Condor Pasa et de Nakayama Festa (Deep Impact fut disqualifié de la troisième place). Cette année encore, les japonais délèguent leur meilleur ambassadeur dans le Prix de l'Arc de Triomphe, qui se déroulera dimanche prochain à Lonchamp. Son nom : Orfèvre.

Mais pourquoi cette passion nippone pour l’Arc ? Selon Aki Akitani, secrétaire général de la Fédération Internationale des Autorités Hippiques, "le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe est l’équivalent de Wimbledon au tennis et du St Andrews Trophy au golf." Depuis le début des années 80, les champions japonais s’exportent de plus en plus. Il faut dire que l’élevage grandit, au pays du Soleil levant, s’améliore et commence à briller à l’international, notamment grâce à l’acquisition d’un étalon comme Sunday Silence*. Gagner l'Arc représenterait donc une sorte d'aboutissement. Et le graal semble à portée de sabot...

Orfèvre, cheval de l'année au Japon

Vainqueur de la triple couronne japonaise en 2011, Orfèvre a remporté sa première course en France, à Longchamp, dans l’important Prix Foy, un Groupe II disputé sur le parcours des 2.400 mètres qu’emprunteront les prétendants à l’Arc. Lauréat de neuf de ses quinze sorties publiques, il a gagné sur des distances allant de 1.600 à 3.000 mètres, glanant ainsi plus de 9 millions d’euros de gains !

Au Japon, les jockeys sont vénérés comme des stars de cinéma. Le fait que Christophe Soumillon, double vainqueur de l’Arc avec Dalakhani (2003) et Zarkava (2008), soit associé à Orfèvre ajoute encore à la ferveurs des sportsmen nippons concernant la candidature de leur champion. En l’absence du phénomène Frankel et avec une génération de 3 ans plus faible que les années précédentes, l’assiduité des japonais pourrait bien s’avérer payante !

*Auteur d’une brillante carrière en compétition aux États-Unis, Sunday Silence est pourtant négligé comme reproducteur par les éleveurs américains, qui ne croient pas en son potentiel. Zenya Yoshida, qui possédait déjà un quart du cheval, décide donc de l’acheter pour 10 millions de dollars. Installé dans son haras de Shadai, sur l’île d’Hokkaido, Sunday Silence deviendra l’un des meilleurs étalons de l’histoire. Le prix de la saillie grimpa même jusqu’à 250.000 euros ! Décédé le 19 août 2002, à l’âge de 16 ans, il restera non seulement le père de nombreux champions, mais certains de ses rejetons sont également devenus d’excellents reproducteurs.

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