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Le trot, une discipline populaire

Idéal du Gazeau

Idéal du Gazeau - -

À quelques jours du Prix d’Amérique, les meilleurs trotteurs se préparent à réaliser la performance de leur vie. Certains d’entre-eux n’étaient pourtant pas promis à un tel avenir.

S’il est bien une épreuve hippique connue des français, c’est le Prix d’Amérique ! Même si l’Arc de Triomphe est également un monument des courses internationales, le trot reste plus populaire, c’est un fait. D’ailleurs, aujourd’hui encore, si l’on demande à un néophyte le nom d’un cheval de légende, c’est invariablement Ourasi qui reviendra dans toutes les bouches.

Il faut dire que le trotteur est plus accessible, et les belles histoires sont légion. Le pur-sang, lui, parait plus «hautain», inabordable, plus... orgueilleux. Un trotteur, ça coute moins cher, et il n’est pas rare de voir un poulain acheté une bouchée de pain damer le pion aux écuries les plus prestigieuses (parfois les mêmes qu’au galop d’ailleurs). Quel passionné, «petit» propriétaire, n’a jamais rêvé de tomber sur la perle rare ?

Meaulnes du Corta, par exemple, fut acheté par Jean-Pierre Barjon directement à son éleveur, Pierre Morand. Alors qu’il n’est pas un fin connaisseur, le futur propriétaire du gagnant de l’édition 2009 du Prix d’Amérique jette son dévolu sur ce poulain aux grandes oreilles, qui se balade dans son pré. Le nom des chevaux nés cette année là doit commencer par un «M». Son livre préféré étant le roman d’Alain Fournier, celui qui terminera sa carrière avec huit Groupes I à son palmarès et plus de 2,7 millions sur son compte en banque s'appellera Meaulnes du Corta.

Plus amusant encore, l’histoire de l’ogre suédois Maharajah, un temps le plus grand rival de Ready Cash (dont il terminera deuxième dans le Prix d’Amérique et le Prix de France). Son mentor, Stefan Hultman, raconte que la première fois qu’il a vu le poulain, le rejeton de Viking Kronos était chétif et avait... la goutte au nez. Ceux qui ont vu l’athlétique scandinave à Vincennes auront du mal à le croire ! Ses heureux propriétaires sont au nombre de 6.000, puisque regroupés sous la bannière de l’écurie Travkompaniet. Au-delà des gains en course, il ne faut pas oublier qu’un étalon est une véritable rente selon le prix de la saillie et le nombre de juments qu’il rencontre tous les ans.

Moins drôle, l’affaire du légendaire Idéal du Gazeau. Pourtant, cela commençait bien. Dans un petit village, qui rêvait de compétition hippique, certains amis s’associent afin de pouvoir se payer un poulain. Pour un prix modeste, il font l’acquisition d’un lot de deux trotteurs. L’un est très plaisant, l’autre plutôt... petit. Comme c’est souvent le cas, ils n’ont pas le choix, c’est les deux, ou rien. Comme dans une fable destinée aux enfants, le beau cheval ne se produira jamais en piste, alors que le vilain petit canard deviendra un immense champion. Malheureusement, nos fameux villageois finissent par se disputer les parts du gâteau, et Idéal du Gazeau sera vendu pour devenir étalon en Scandinavie.

Les belles histoire au trot, on peut en entendre presque chaque jour dans les travées de Vincennes. Même Ulhan du Val, qui sera au départ du Prix d’Amérique cette année, n’a pas un parcours commun. Lui, a été acheté à Prix d’or. Pourtant, son entourage n’est pas habitué aux «top-prices» des ventes de chevaux. Si Cédric Mégissier a pu se payer celui qui a transformé sa vie, c’est simplement parce qu’il a vendu un autre crack, nommé Rapide Lebel. Certains ont pu se moquer de ceux qui sont passés à côté du 1,7 million d’allocations glanées par le champion hongre. Il n’empêche qu’Uhlan du Val, lui, est entier... et peut donc se présenter au départ de la plus belle course du monde au trot.

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