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Comment gérer la profondeur de son tapis?

Antoine Vannini, consultant poker RMC.

Antoine Vannini, consultant poker RMC. - -

Comme chaque lundi un professionnel de l'antenne soigne votre poker. Cette semaine, le consultant de l'émission "Docteur Poker" Antoine Vannini répond à la question suivante: Comment gérer la profondeur de son stack?

Définition

La principale différence qui sépare le poker en cash-game du poker en tournoi réside dans la gestion de la profondeur de notre “stack” ou tapis

On peut distinguer trois situations de profondeur au poker, exprimés en nombre de blindes. Le jeu “deepstack” ou profond, avec 40 blindes et plus, le jeu “mid-stack” ou moyen, entre 15 et 40 blindes, et le jeu “short-stack”, avec moins de 15 blindes.

Ceci est une simplification pour modèle, la réalité de notre profondeur dépendant également de facteurs dynamiques, comme la moyenne en jetons du tournoi, la profondeur effective de nos adversaires, ou de paramètres fixes, comme la structure d'un tournoi.

3 profondeurs différentes, 3 manières de jouer différentes.

En cash-game, et en début de tournoi, on joue donc deepstack, puisqu'on manie des tapis de 100 blindes ou plus. Nos décisions seront évidemment différentes avec 200 blindes qu'avec 100 blindes effectives, puisque les pots seront plus gros et l'effet de levier des décisions plus important.

Dès qu'on tombe en dessous de 40 blindes, nos décisions préflop doivent être optimisées de manière cohérente en sachant qu'on se retrouvera très vite à tapis sur la river pour peu que le coup soit misé à chaque “street”. Il va donc falloir resserrer notre range de mains (éventail de mains) face aux ouvertures adverses, et tenter de trouver les situations de steal (vol), qui offrent alors un bon “risk/reward”.

Enfin, en position de short-stack, c'est la situation classique du push-or-fold, désormais on ne rentre dans les coups qu'avec l'intention d'engager son tapis. Miser pour voler les blindes implique une trop grande part de notre tapis, et on préfère maximiser nos chances en poussant notre tapis directement.

Comment calculer son espérance de vie?

En fin de tournoi, au lieu de compter son stack en blindes, il vaut mieux utiliser la méthode de calcul dite du “M”. En effet, il faut prendre en compte la présence d'ante et le nombre de joueurs à la table, et ainsi réellement calculer le nombre de tours qu'il nous reste si l'on est short-stack. Pour rappel, on divise notre stack par la somme des antes, de la petite et de la grosse blinde.

On conseille ainsi souvent aux joueurs de tournoi de jouer un minimum en cash-game pour acquérir l'expérience du jeu profond et éviter de répéter des erreurs qui coûtent cher en début de tournoi, quand les jetons perdus valent beaucoup plus que les jetons gagnés.

Le jeu profond est également moins dépendant de la variance et plus des décisions et de la stratégie sur le court et long terme, et permet ainsi de profiter de notre stratégie d'inexploitabilité et d'exploitabilité avec plus d'espérance de gains.

JS