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Philippe Auclair 14/06

Philippe vous donne son avis sur ce début de CDM!

Joueurs, entraineurs....

Un petit extra!...et une question: où sont les grands entraîneurs?

Pas de Drôles de Dames ce soir – normal: la Coupe du Monde a la priorité, et ce sera à Didier de monter au créneau ce lundi, pour commenter les débuts de la nazionale. Je prie pour lui qu’il assiste à un spectacle plus plaisant que ce nous avons dû avaler depuis vendredi dernier, et qui a franchement été affligeant. La confirmation, hélas (ou pas), de ce que le football de sélection, autrefois le sommet du jeu, n’est plus que le parent pauvre du football de club, techniquement et tactiquement. Mis à part des Allemands entreprenants, imaginatifs, enthousiasmants même, et des Coréens bagarreurs en diable et pas maladroits, qu’avons nous vu? Un football ultra-défensif, lent, vieux-jeu; des équipes tenaillées par la peur et sans organisation. Noyées, comme nous tous hélas, dans le vacarme imbécile des vuvuzelas.

Un ami tout aussi déçu que moi, mais plus optimiste, a comparé ces matchs de poule à l’interminable ronde de la première phase de la Ligue des Champions. Il n’avait pas complètement tort. On s’observe, on calcule, on évalue. Mais avec un tel déchet technique? Non pas, et ce ne sont pas la ‘jabulani’ si critiquée et l’altitude qui expliquent cela. Adopter un nouveau ballon pour des raisons strictement commerciales est inacceptable; mais qu’espérez-vous de la multinationale dirigée par le président à vie Sepp Blatter? On n’attendra pas de la FIFA un geste similaire à celui de la NBA qui, après avoir adopté un nouveau ballon composite, est revenu à la bonne vieille boule de cuir après les récriminations des joueurs. Il faudra faire avec, ce qui, jusqu’à présent, revient à faire sans: que de frappes et de passes imprécises. Une transversale correcte sucite des commentaires dithyrambiques. C’est ridicule. Le grand jamboree du football est devenu une foire à la saucisse, on le savait. Mais en 2006, au moins, on avait vu du jeu, et dès le premier jour. Allemagne-Costa Rica, vous vous souvenez?

Croisons les doigts. Peut-être ne s’agit-il que d’une phase d’acclimatation. Peut-être allons-nous assister à des matchs inoubliables. Mais ce Mondial sud-africain ressemble hélas beaucoup plus au triste Mundiale de 1990 qu’au festin de 1982.

L’Angleterre? Je ne fais pas de soucis pour elle, pas à ce moment en tout cas. Le retour de Barry, prévu contre l’Algérie, qui est en proie à un tel désarroi, va rééquilibrer le milieu de terrain, et donner à Lampard la chance de montrer ce qu’il peut faire en coulissant d’une surface à l’autre. J’attends Joe Cole à gauche, et Rooney en pointe, avec Gerrard en soutien. J’aimerais que Hart enfile les gants, mais, bon, c’est peu probable. On fera avec James – ou Green s’il le faut, qui n’est pas le premier gardien à faire une boulette. Vous vous souvenez de Barthez à Highbury? Zoff battu au premier poteau par Socrates? Le fond de jeu anglais n’a rien de sublime; mais il demeure redoutablement efficace. Et les USA ne sont pas les premiers venus, n’est-ce pas messieurs les Espagnols?

Une chose me frappe: on a beaucoup parlé des absences de joueurs, ou de celles de certains pays, comme la Russie, la Croatie ou l’Egypte. Mais ceux qui manquent le plus sont les grands entraîneurs: Mourinho, Hiddink, Van Gaal, Lucescu, Guardiola, Wenger, Ferguson, Magath et quelques autres. Et de cela, je ne crois pas que personne ait parlé. Certes, il y a Lippi, Hitzfeld, Capello – sexagénaires, tous, pas à bout de souffle, de loin s’en faut, mais en fin de parcours. Le temps est passé où nous avions Ramsey, Stein, Lobanovski, Schön, Zagallo. Et le football de sélection en souffre terriblement, en un âge où l’art du management, humain comme tactique, compte plus que tout.

Philippe