RMC Sport

Sepp Blatter : le dérapage de trop ?

Affaire Terry, affaire Suarez, les eaux du football européen sont, depuis quelques jours, secouées par une vague d’accusations de racisme. Les médias britanniques se jettent sur le sujet et les différents acteurs du football de sa Majesté y vont tous de leur déclaration. La Fédération anglaise a même décidé de poursuivre Luis Suarez pour « langage inapproprié » à l’encontre de Patrice Evra, lors du Liverpool-Manchester United du 15 octobre dernier.

C’est dans ce climat pour le moins tendu que Sepp Blatter, Président de la FIFA a pris hier la parole sur CNN : « Il n'y a pas de racisme (dans le football), mais peut-être un mot ou un geste déplacé (…) Et la victime devrait se dire que ce n'est qu'un jeu et serrer la main de son adversaire. » Tollé immédiat. Sur Twitter, Rio Ferdinand réagit : « juste pour être sûr : si un joueur s’en prend à l’arbitre, est-ce qu’une poignée de mains à la fin du match suffit à tout effacer ? (…) @seppblatter : vos propos sur le racisme montrent votre ignorance sur ce sujet ».

Et l’international n’est pas seul à s’offusquer. Gordon Taylor, président du syndicat anglais des joueurs professionnels demande aujourd’hui la démission de Blatter au micro de Sky Sports : « Cela dépasse les bornes. De tels propos montrent qu'il a tout faux, qu'il est dépassé » avant d’ajouter : « Il devrait laisser la place à Michel Platini. S'il y a une personne qui devrait comprendre le racisme, c'est bien le président de la FIFA, qui compte 200 pays, faits d'histoires, de couleurs, de croyances différentes».

Le Suisse a eu beau s’excuser et expliquer que la FIFA prenait le problème du racisme dans les stades très au sérieux, cette dernière sortie médiatique pourrait être celle de trop. Car le dirigeant est en réalité un spécialiste du genre.

Après avoir proposé que les joueuses portent des shorts plus moulants pour populariser le football féminin et nié l’existence du dopage dans son sport, Sepp Blatter avait à nouveau créé la polémique en décembre dernier. En cause, son conseil aux supporters gays comptant faire le déplacement au Qatar pour la Coupe du Monde 2022 : «je pense que les gays devraient juste s’abstenir de toute activité sexuelle». Une plaisanterie nauséabonde qui le força à s’excuser quelques jours plus tard.

Attaqué de toutes parts, le Président de la FIFA peut-il continuer dans l’exercice de ses fonctions ? C’est le débat sur le blog de l’After.