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Double Contact - Sinik: "J’ai joué avec Evra aux Ulis, il était n°10"

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Sinik - AFP

RMC Sport a lancé "Double Contact", sa rubrique "culture-sport". Tout au long de l’année, on vous propose des entretiens funs, intimes et décalés avec des artistes qui font l’actualité. A l’occasion de la sortie de son nouveau projet "Drône", disponible depuis le 10 novembre, on a rencontré Sinik. A 37 ans, le punchliner des Ulis revient dans le rap game. Mais il n’a jamais quitté celui du foot.

Il a éteint son micro il y a deux ans. En pensant le ranger définitivement. Mais l’appel du son a vite rattrapé Sinik. Après avoir consacré du temps à sa petite fille et ouvert un salon de tatouage à Paris, le rappeur des Ulis est retourné en studio. Et il a pondu sept titres percutants, réunis dans le E.P. "Drône", disponible depuis le 10 novembre (uniquement en téléchargement). Par contre, il n’a jamais lâché le ballon rond. Son premier amour avant la musique. C’est donc un vrai passionné, humble et accessible, qu’on a rencontré dans le 14e arrondissement de la capitale. Au milieu des aiguilles et des flacons d’encre de son "What my Tattoo". Avec un maillot de son club de foot à 7 encadré en arrière-plan.

L’occasion pour l’artiste de 37 ans de se rappeler l’époque où il sillonnait les terrains de l’Essonne en compagnie de Patrice Evra, l’un de ses potes d’enfance. Tout en devenant un fervent supporter du PSG, bien avant les Qataris, Zlatan ou Neymar. Habitué du Parc des Princes, "Niksi" a plein d’anecdotes sur sa "deuxième maison", dont il connaît même le commissariat. En tant qu’ancien, il porte un regard lucide sur son club de cœur, qui a basculé dans une autre dimension cet été. Sans oublier son intérêt pour la boxe et le MMA, de Tony Yoka à George St-Pierre.

"J’ai joué avec Evra aux Ulis, il était n°10"

Les Ulis, c’est une petite ville de la banlieue sud. A quelques kilomètres de Paris. Moins de 30 000 habitants. "Une espèce de grand village", comme le décrit Sinik. Mais sur la carte du foot français, c’est un peu plus que ça. Parce que le code postal 91940 a été celui de Thierry Henry, Patrice Evra et Anthony Martial. Trois stars qui ont découvert le ballon rond sur les terrains du 91. Le rappeur de 37 ans a d’ailleurs joué dans la même équipe qu’Evra à ses débuts. Et il se souvient d’un élégant meneur de jeu, largement au-dessus du lot...

"Je suis un mélange de Van Basten et Ronaldo"

La grande passion de Thomas Idir, ça a toujours été le foot. Bien avant la musique. Issu d’une famille de connaisseurs, l’artiste d’origine kabyle a passé son enfance a flirté avec le cuir en bas de chez lui. Jusqu’à rêver d’une carrière pro. Depuis un an, il a rechaussé les crampons pour s’inscrire dans un championnat de foot à 7 avec ses potes. Ça joue tous les lundis soirs. Fidèle à son style, "Niksi", comme il l’a floqué sur son maillot, se place en pointe, sert de point d’appui et cherche la profondeur. On a eu l’occasion d’organiser un petit amical ensemble. Et si le cardio laisse un peu à désirer, le buteur-punchliner a de vrais "beaux restes", comme on peut l'entendre dans l’un de ses nouveaux morceaux.

"J’ai même connu le commissariat au Parc des Princes"

La première fois qu’il a mis les pieds au Parc, c’était en 1988, lors d’un PSG-Auxerre. Et il n’a jamais cessé d’y aller depuis. Sinik fait partie de ces supporters qui aiment l’odeur des gradins. En virage ou en présidentielle, le rappeur de l’Essonne est à l’aise partout. Sauf peut-être au commissariat du stade, qu’il a découvert le temps d’une soirée. Hormis cet épisode frustrant, il vit toujours le match à fond dans sa "deuxième maison". Sylvain Witord peut en témoigner. Lors d’un PSG-OM, l’ancien attaquant des Bleus, s’est pris accidentellement un coup de coude dans la bouche alors qu’il était assis à ses côtés…

"Le PSG n’est pas qu’une machine à recruter des stars"

Il a passé une partie du mois d’août les yeux rivés sur son smartphone. Tendu, excité et euphorique à la fois. Comme tout Paris, Sinik a vécu avec passion le transfert record de Neymar au PSG. Un renfort inespéré qui lui laisse croire que la Ligue des champions est désormais envisageable. Surtout avec l’apport de Kylian Mbappé, un "petit qui a tout compris" et qui l’impressionne énormément pour son jeune âge. Ravi d'accueillir des joueurs de ce calibre sous le maillot rouge et bleu, il est également satisfait de voir des jeunes du club trouver leur place, comme Adrien Rabiot ou Presnel Kimpembe.

"Le parcours de Tony Yoka est logique"

Dans son dressing, Sinik n’a pas que des crampons et des maillots de Paris. Il a aussi des gants de boxe. Et il s’en est souvent servi. Depuis peu, le punchliner de la rue des Bergères s’est mis au MMA. Histoire de s’inspirer de George St-Pierre, son combattant favori, qu’il est déjà aller voir à Montréal. Il suit également de près la progression de Tony Yoka, qui se construit, d’après lui, une trajectoire cohérente. Jusqu’à la ceinture mondiale? Avec Anthony Joshua dans les parages, ça s’annonce difficile…

Alexandre Jaquin avec Maxime Deloffre

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur