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Bastareaud : "Ne pas se mettre une pression démesurée"

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Mathieu Bastareaud ne s’en cache pas, il n’est pas un adepte de la préparation physique. Mais le centre des Bleus sait qu’il faut en passer par là. Avec le retour du rugby et surtout des contacts, le Toulonnais retrouve le sourire et ne se pose pas de question alors que le premier match amical approche à grands pas. Dix derniers jours déterminants avant l’annonce de la liste des 31. Bastareaud ne veut rien regretter.

Mathieu Bastareaud, alors que le plus dur de la préparation physique semblait passée et que les ballons étaient de nouveau de sortie, le staff vous a fait une petite surprise avec cette matinée en compagnie du GIGN. Avez-vous l’impression de vous être surpassé pendant les activités très difficiles qui vous ont été proposées ?
Surpassé ? Je ne sais pas… Surpris, oui. Depuis le début de ce stage, on nous pousse dans nos derniers retranchements. Et je pense qu’il y a certaines choses que je n’aurais pas faites si je n’avais pas fait ce stage. C’était une chouette expérience.

Quand Philippe Saint-André a annoncé la couleur pour la seconde phase du stage avec 60% de rugby et 40% de physique, vous vous êtes dit que ce n’était pas encore assez de rugby ?
Non, le staff a toujours été clair avec nous. On connaissait parfaitement les différentes phases par lesquelles nous allions passer. On a beaucoup travaillé le physique et le foncier. Ça été dur. Maintenant, c’est fait. On touche un peu plus le ballon, le contact revient, ça suit son cours. Pour le contact, on suppose que vous êtes dans votre élément.

Comment vous sentez-vous ?
Je me sens bien, oui ! C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. On n’était pas perdu, même si ça faisait deux mois qu’on avait pas trop vu les ballons ou fait des lancements de jeu.

Bastareaud : "Mon destin n'est pas entre mes mains"

Est-ce qu’il y avait un peu d’appréhension lors de ces premiers contacts ? Non, aucune. Il ne faut pas en avoir. C’est là que tu te fais mal, que tu te blesses. Le staff nous demande un engagement à 100% dans tout ce qu’on fait, donc je ne réfléchis pas, j’y vais ! Lors du premier entraînement avec contact, je ne me suis pas dit qu’il fallait y aller mollo. Au contraire. Le premier match amical face à l’Angleterre aura lieu dans moins de dix jours.

Est-ce qu’il est déjà dans les têtes ?
Il faut d’abord penser à nous, à ce qu’on va mettre en place, faire de bonnes séances d’entraînement pour emmagasiner de la confiance. Mais c’est vrai aussi que ça va arriver à grands pas. Ce sera le premier gros test. Les Anglais, chez eux, ce n’est pas rien. On sait ce qui nous attend. Mais il ne faut pas se mettre une pression démesurée. Il y aura des enjeux, mais on est assez grand et on a assez d’expérience pour faire abstraction de tout ça.

L’un des enjeux sera surtout de gagner sa place dans la liste définitive des 31 pour la Coupe du monde…
C’est difficile. Pour les 36 joueurs, c’est compliqué. On a ça dans un coin de la tête. Mais pour ma part, j’essaie d’être à 100% tous les jours. Mon destin n’est pas entre mes mains. Il y aura des choix de fait, je n’aurai qu’à les accepter. Mais il faut que le 23 août, je n’ai aucun regret sur ce que j’ai fait. J’aurai une petite influence, mais la décision finale ne me revient pas. A moi de mettre toutes les chances de mon côté. On verra. J’essaie de ne pas trop me projeter. Et ce n’est pas forcément très bien de trop penser individuellement. Nous sommes un groupe. Et on doit se tirer vers le haut.

Maxime RAULIN à Marcoussis