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« Bonne chance » les Bleus…

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Les Bleus, qui étaient venus en Nouvelle-Zélande prendre deux raclées mémorables à Auckland puis à Wellington il y a deux ans, n’ont plus rien à voir avec les nouveaux Bleus.

S’ils sont à nouveau installés confortablement dans le Crowne Plazza qui domine la baie de la plus grande ville du pays au long nuage blanc, l’ambiance y est beaucoup moins festive qu’il y a deux ans, moins brouillonne aussi.

Marc Lièvremont au regard noir, dirige les entraînements comme jamais il ne l’avait fait jusqu’alors. « Il nous a mis devant nos responsabilités », explique Fabien Barcella, le pilier biarrot. « Et il n’a pas attendu d’être arrivé en Nouvelle-Zélande pour faire passer le message… »

Sous la pluie, sur le terrain de l’équipe de la police d’Auckland, ça récite les gammes et les lancements de jeu. Pas un mot, hormis l’appel des combinaisons. Les écoliers venus en nombre s’attendaient certainement à plus de convivialité et plus d’attentions à leur égard. Sans avoir été négligés, on a bien senti que ces Bleus là étaient plus Bleus de chauffe que bleu tendre… « Ils sont marrants les enfants ici, ils ne te disent pas « bon match » mais « bonne chance », s’amuse Rémi Martin. Le Bayonnais a bien senti dans les regards une pointe d’ironie. « Je ne sais pas s’ils chambrent, mais je pense que cela n’en est pas très loin… »

Les vidéos circulent dans les chambrent disséminées dans les 24 étages du palace. Des vidéos de montage des matchs des All Blacks, qu’attendiez-vous d’autre ? Et l’ambiance est studieuse, très studieuse ? Voire un poil tendue. Ils sont en « mode combat », précise le président de la Fédération Pierre Camou.

Demain, 18 heures locales (8 heures du matin en France), Marc Lièvremont égrènera les 22 noms de sa première équipe pour défier les Blacks à Dunedine. Il ne reste peu, voire pas d’incertitudes à lever. Mais la pression reste de mise, il y aura un second test néo-zélandais, à Wellington, avant la clôture à Sydney contre les Wallabies.

Le temps n’est décidément pas aux vacances. Avec ces Bleus là, on est loin, très loin. Si la mécanique mentale des joueurs les a conditionné à répéter qu’un match de rugby est joué pour être gagné, les All Blacks étaient souvent une exception, on pouvait se permettre de dire « on fera de notre mieux ». Changement de discours à Auckland, « on est là pour gagner ». Quand ça change, ça change pour un groupe équilibré comptant huit champions du monde des moins de 21 ans (2006) mais aussi 11 tombeurs des All Blacks en quart de finale de la coupe du monde 2007.

Les confrères néo-zélandais poussent quand même le bouchon un peu loin en cherchant à piéger les Bleus interviewés avec des questions soulignant « une équipe de Nouvelle-Zélande bis avec les absences de Carter, McCaw, Muliana, So’Oialo, Sivivatu… face à une équipe de France en pleine possession de ses moyens »…

Les Bleus sont prévenus, le savent, et travaillent en conséquence : le premier test, joué dans le vent glacial de Dunedine, surnommé « house of pain » (la maison de la douleur…) ressemblera à un traquenard tendu par des Blacks qui n’ont toujours pas digéré l’élimination du Mondial.

La rédaction - Laurent Depret