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Bourgoin sauvé… pour l’instant

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Le Tribunal de commerce a rendu son verdict ce mardi : le CSBJ évite la cessation de paiement et reste un club professionnel. Ce qui ne l’empêche pas, à court terme, de rester au bord du gouffre.

C’est un grand « ouf » de soulagement que peut pousser le club de Bourgoin. Le club va conserver le statut de professionnel et garder tout ce qui l’accompagne. Mais la décision du Tribunal de Commerce de Vienne suffira-t-elle à calmer les esprits en Isère ? Rien n’est moins sûr vu les tensions internes qui ont éclaté ces dernières 24 heures.

Après la grève spontanée de la veille, les joueurs du CSBJ ont poursuivi le mouvement ce mardi à quelques mètres du stade Pierre-Rajon. Le spectacle était le même : des pneus en flamme mais surtout, une colère vive et durable contre les dirigeants. Une partie des joueurs les accusent d’avoir dissimulé la réalité comptable du club.

Anthony Forest, ailier historique du club, exprime son ras-le-bol et celui de ses partenaires : « Les dirigeants n'ont pas été honnêtes. Ils ont fait signer la plupart des joueurs pour les saisons prochaines pendant l'intersaison. Nous, on pensait que la situation financière allait… ».

Gerbelot (président) : « On a fait ce qu’il fallait »

Malgré une série de décisions en défaveur du club isérois, et malgré les craintes des joueurs qui grandissaient de jour en jour, le président Gerbelot ne se démonte jamais. Le 28 mars : « Au niveau économique, il n’y a aucun souci ». Le 14 juin : « Je n’ai aucune inquiétude. On a trouvé l’argent. Ca y est c’est fait ». Lundi, il lâchait : « On a fait ce qu’il fallait. On a une situation nette comptable de 70 000 € au 30 juin. » De quoi faire perdre confiance à tout le groupe.

C’est désormais un double objectif qui attend le président Gerbelot. Le premier sera de convaincre le tribunal administratif de faire annuler la décision du CNOSF (de rétrograder le club en Fédérale 1) et ainsi peut-être réintégrer la Pro D2. Le second est peut-être encore plus difficile : reconquérir un groupe qui a clairement affiché sa défiance et qui, il n’y a que quelques heures, ne pensaient même plus être des joueurs professionnels.

Pierre Ammiche