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Chabal dans l’œil du cyclone

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Montrée du doigt après sa pâle prestation en Angleterre ce samedi, la star du Racing Métro 92 continue de faire débat. Le joueur préféré des Français est loin d’être au niveau de sa popularité. Doit-il seulement être titulaire ? La question reste posée…

Sa silhouette a traversé la dernière décennie. Non sans que son cas ne soulève les questions. Deuxième ou troisième ligne ? Titulaire indiscutable ou ‘‘impact player’’ ? La carrière internationale de Sébastien Chabal, 33 ans, est parsemée de ces interrogations. Et la dernière prestation sous le maillot bleu du Racingman ce samedi, lors de la défaite en Angleterre (17-9), n’a fait que relancer le débat.

A la peine contre le XV de la Rose, Chabal n’a jamais semblé en mesure de faire la différence. Après 25 minutes contre l’Ecosse et 26 en Irlande, celui qui a intégré le Top 25 des Bleus les plus capés retrouvait pourtant une place de titulaire en troisième ligne. Alors, Sébastien Chabal protégé ? « Je ne peux pas le défendre sur le match de samedi, glisse Bernard Laporte. Je sais aussi qu’il a un certain charisme, il est important auprès des autres. Vous connaissez mon point de vue. Je le vois en deuxième ligne. Comme ‘‘impact player’’. »

On y revient toujours. C’est d’ailleurs l’ancien entraîneur de l’équipe de France qui le convoque pour ses deux Coupes du monde. La première dans la peau d’un troisième ligne. La seconde comme deuxième ligne. Point commun : en 2003 et 2007, il ne débute que les rencontres sans enjeu. « Quand on joue contre des grandes nations, quand ça va vite et que le combat est dense, il a du mal à être présent sur 80 minutes, continue Laporte. Ce n’est pas une offense. Là où il est meilleur, c’est quand les adversaires sont plus fatigués. Sinon, il manque de clairvoyance et de technicité. »

Elissalde : « Il est victime de son image »

Avec 61 sélections au compteur (dont 23 en deuxième ligne), Chabal fait pourtant aujourd’hui partie des cadres de cette équipe. Il n’est pas rare qu’on aperçoive le colosse donner les instructions sur le terrain. Ses coéquipiers l’écoutent. Mais au sein d’une troisième ligne - un poste où Lièvremont l’a stabilisé depuis la tournée d’automne - riche et composée de Bonnaire, Dusautoir, Harinordoquy et potentiellement Ouedraogo, Lapandry ou Picamoles, il ne fait pas partie des indiscutables. A tel point que certains se demandent pourquoi ce dernier n’intègre pas le groupe. Surtout que Chabal a été malade avant le Tournoi.

« Pour l’évaluer et savoir ce qu’il peut apporter de plus, il faudrait qu’il soit dans le même contexte de difficulté que Chabal contre l’Angleterre, explique Guy Novès manageur de Picamoles à Toulouse. C’est difficile de se lancer dans ce genre d’évaluations une fois le match terminé. » D’autant que le principal intéressé semble aujourd’hui souffrir de son image. Icône d’un pays lors de la Coupe du monde 2007, personnalité sportive préférée des Français, il est désormais attendu sur tous les terrains. « Il est certainement victime de son image, continue Elissalde qui a disputé le dernier Mondial avec lui. C’est une icône. C’est aujourd’hui la personne qui représente le rugby français. Son look, la puissance qu’il dégage font que c’est l’homme à abattre pour les défenses. »

Pierrick Taisne (avec L.D. et W.T. à Toulouse)