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Chabal : « Les jeunes, ce sont des moutons »

Sébastien Chabal

Sébastien Chabal - -

Consultant dans le Moscato Show sur RMC, Sébastien Chabal revient sur la défaite des Bleus face au pays de Galles (6-16) et évoque, avant le Crunch dans 10 jours, les différences entre les jeunes Anglais et Français, qui manquent de caractère.

La cuillère de bois, triste possibilité

« Perdre une deuxième fois à la maison, et contre une équipe qui restait sur huit défaites d’affilée, cela ne doit pas arriver. On est dans le dur… Mais je n’arrive pas à croire que cette équipe n’a pas de talent. On l’a bien vu cet automne ! Et c’est pour ça qu’on est frustrés, tristes et qu’on leur tape un peu tous sur la tête. On a envie qu’ils réagissent, par n’importe quel moyen ! Mais avec le calendrier qui nous attend, je ne vois pas comment Philippe Saint-André et son staff vont faire pour remobiliser leur équipe et aller chercher une victoire en Angleterre ou en Irlande. Ça va être très compliqué… J’entendais dire qu’il ne faudrait pas se battre pour la cuillère de bois. Mais on ne va pas se battre : on est les seuls à pouvoir l’avoir, tout le monde a gagné un match. On peut vite être les dindons de la farce dans cette histoire. »

Angleterre, la jeunesse au pouvoir

« Les Anglais ont peut-être gagné un an sur nous sur le plan de la revue d’effectif car ils ont tout changé après la Coupe du monde. Ils étaient dans le doute mais ils ont fait le grand ménage au niveau des joueurs et ont décidé de repartir sur une nouvelle génération alors que nous, un peu plus respectueux des anciens, on les a intégrés pour leur donner un beau final en France dans le Tournoi. On a peut-être perdu un an… Il faut aussi admettre qu’ils ont des joueurs qui ont beaucoup plus de talent que les nôtres, une très belle génération. (…) Et puis tu ne peux pas leur enlever leur culture de la réussite et du travail. Ils veulent réussir, ils admirent celui qui l’a fait mais s’ils peuvent lui marcher dessus en travaillant, ils le feront. C’est leur moteur, être le meilleur, le numéro 1. Alors que nous, malheureusement, à l’image de notre société, on nivelle par le bas. »

Trop fainéants, les Français ?

« Je ne suis pas tout à fait d’accord avec les critiques de Bernard Laporte car nos jeunes travaillent beaucoup. Mais quand ils intègrent un groupe pro, ils pensent être déjà arrivés, que leur carrière est déjà faite et qu’ils vont être titulaires tous les week-ends. Cela ne les empêche pas de travailler mais peut-être qu’ils ne travaillent pas dans la bonne direction ou avec les bonnes optiques… Selon moi, ces jeunes sont aseptisés. Ils n’ont pas de caractère et pour une grande partie, ce sont des moutons, ils ne se rebellent jamais. Et moi ça me casse les bonbons… Il faut s’exprimer. On a des caractères et des qualités différentes et c’est ce qui fait la beauté et la force d’une équipe. Aujourd’hui, les jeunes ont de moins en moins de caractère. »

Le Crunch, potentiel trompe-l’œil

« On est souvent bons quand on est au pied du mur. Mais si on bat l’Angleterre, même si on sera contents, ce sera l’arbre qui cachera la forêt. Cela n’enlèvera pas les défaites contre l’Italie et le pays de Galles. Aujourd’hui, tout ce que je souhaite à cette équipe et à son staff, c’est de gagner en Angleterre. Mais Philippe, ce qu’il veut, c’est construire jusqu’en 2015. Perdre quatre fois et attendre la révolte pour gagner le cinquième match, ce n’est pas ce qu’il attend. Il va préférer en gagner quatre, même difficilement, pour continuer à avancer dans la sérénité et la victoire plutôt que d’attendre d’être au pied du mur pour avoir une rébellion de ses joueurs. Je ne pense pas que ce soit ce dont la France a besoin. »