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L’Espagne, c’est le pactole

Imanol Harinordoquy et les Biarrots ont l'habitude de jouer leurs grosses affiches de l'autre côté de la frontière

Imanol Harinordoquy et les Biarrots ont l'habitude de jouer leurs grosses affiches de l'autre côté de la frontière - -

En raison d’enceintes trop petites pour l’ERC, Biarritz jouera son quart de finale contre Toulouse à Saint-Sébastien, alors que Perpignan « accueillera » Toulon à Barcelone. Des délocalisations « identitaires » qui rapportent gros.

Près de dix ans que ça dure
Aucun club français n'a organisé un match de phase finale de Coupe d'Europe dans son enceinte habituelle depuis 2002 et un quart de finale Castres-Clermont au stade Pierre-Antoine ! Depuis neuf ans, les seize matches de phase finale de Coupe d'Europe, qu'un représentant français a disputé à domicile, ont tous été organisés dans une autre enceinte, dont huit au Stadium pour le Stade Toulousain et six à Anoeta pour le Biarritz Olympique. Le Stade Français a également joué au Parc des Princes et à Lille (en 2001), et Colomiers au Stadium contre Brive en 1999…

Des stades hors norme
Le problème est avant tout structurel. Parmi les clubs actuels du Top 14, seul cinq (Bayonne, Brive, Clermont, le Stade Français à Charléty, Toulouse à Ernest-Wallon) disposent de la capacité minimale de 15 000 places requise par l'ERC, organisateur de la Coupe d'Europe, pour accueillir un match de phase finale. Les stades Aimé-Giral à Perpignan (14 593 places) et Aguiléra à Biarritz (13 400) ne sont donc pas qualifiés pour les quarts de finale de ce week-end.

Une manne financière
A toute chose, malheur est bon et les présidents de ces clubs sous-dimensionnés ont profité du règlement de l’ERC pour mieux valoriser leurs affiches en les délocalisant dans leur bassin culturel. Mais avant de parler d’identité régionale, Serge Blanco, président du Biarritz Olympique, préfère mettre en avant l’argument financier. Il y a quinze jours avant d’« accueillir » Toulouse à Anoeta en H-Cup, le BO y a démoli Bayonne (40-10) en Top 14 avec une jolie plus value économique à la clé (+ 500 000 euros). « J’ai un club à gérer, mon club est trop petit, mes recettes dépendent de la billetterie, souligne Blanco. Je serais bien bête de me passer d’une manne financière que je peux multiplier par deux voire par deux-et-demie. »

Le foot au secours
Si Biarritz et maintenant Perpignan délocalisent de l’autre côté des Pyrénées, c’est aussi parce que ces deux forteresses du rugby évoluent dans un désert de football. Si Toulon peut jouer au Vélodrome, Toulouse au Stadium, le Stade Français et le Racing au Stade de France, difficile pour le BO et l’USAP de trouver une grande enceinte du ballon rond à proximité. Les Basques déménagent donc sur la pelouse de la Real Sociedad. Les Catalans joueront au stade de Montjuïc, puisque la possibilité de les voir fouler le Camp Nou, un temps proposée par le Barça, a été refusée par Pep Guardiola.

Louis Chenaille (avec J.L, A.B, O.S.)