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Laporte : « Pas de coup de mou »

Bernard Laporte

Bernard Laporte - -

Bernard Laporte, l’entraîneur du RC Toulonnais, réfute une quelconque fatigue de son équipe avant les demi-finales de la H Cup ce dimanche à Twickenham face aux Sarencens. Membre de la Dream Team RMC Sport, il est persuadé que ses joueurs iront en finale.

Bernard, trouvez-vous normal que la demi-finale ait lieu à Twickenham dimanche, alors que vous allez affronter un club anglais, les Saracens ?

Ce qui est décevant, c’est qu’on ne participe pas au tirage au sort. En football, je regarde le tirage à la télévision. On voit des émotions de présidents, qui parlent, qui sont contents ou pas contents. Nous, on ne sait pas. On te dit : « si tu gagnes, tu iras jouer là-bas, tu te tais ». Le tirage a eu lieu, on ne l’a pas vu. Je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas médiatisé.

D’un autre côté, ça vous évite d’aller jouer dans leur stade…

Oui, mais si le stade pouvait être complètement vide, ça nous arrangerait ! Jouer un huis clos là-bas, je ne suis pas contre. (Rires)

Etes-vous toujours remonté contre votre équipe après la défaite à Grenoble samedi (25-24) ?

Ce n’est pas après ceux qui ont joué. Il y a en 14 qui ne seront pas dans l’équipe de dimanche (face aux Saracens, ndlr). Mais je leur avais dit avant le match. Ce qui m’a un petit peu gêné, c’est le comportement de certains qui sont rentrés en cours de match et qui eux, vont jouer dimanche. Je leur ai dit, simplement. Mais je n’en veux pas du tout à ceux qui ont joué la première mi-temps. Quand je vois ce qu’ils ont fait, je me dis que j’aurais aimé que tout le monde leur ressemble. J’en voulais plus aux deux, trois ou quatre qui sont rentrés et qui n’ont pas assuré.

Ils devaient avoir la tête à la H Cup…

On est dans un club. Quand tu accompagnes ceux qui ne jouent pratiquement jamais de l’année, il faut faire des efforts. Eux, ils en font, des efforts, sans beaucoup jouer… Je n’ai pas du tout apprécié le comportement. Je l’ai dit, mais il n’y avait rien de très grave.

Sentez-vous que votre équipe a un coup de moins bien en ce moment ?

Sincèrement, je ne le sens pas du tout. Il y a eu le gros match contre le Stade Français (44-11), la victoire contre Leicester (21-15) et le match contre Clermont (26-26) où, je suis désolé, on s’est fait voler. L’arbitre le reconnaît. Il nous a refusé deux essais à Matt Giteau qui y sont. Ça fait beaucoup. A Grenoble, on peut gagner. Je ne vois pas un coup de mou. Je sens beaucoup d’excitation, d’envie, de concentration. Ça me semble logique à quatre jours d’une demi-finale de H Cup, qui est peu commune pour le club puisque c’est la première fois. Il y a une certaine effervescence. On sent beaucoup de passion chez les gens. On fait partie des quatre meilleures équipes européennes. Ce n’était pas écrit. Et puis il y a surtout beaucoup de détermination de la part des joueurs. Comme le dit Bakkies Botha, on va le gagner, ce match !

Que craignez-vous chez les Saracens ?

Il y a dix ans, c’était un club où il y avait beaucoup de joueurs qui arrivaient mais ils n’avaient pas de résultats. Depuis cinq, six ans, il fait partie des meilleurs clubs européens. Ils se sont installés dans la haute hiérarchie anglaise. C’est un propriétaire sud-africain, ils ont une grosse consonance de joueurs sud-africains. C’est rugueux et derrière, il y a la moitié de l’équipe d’Angleterre avec Owen Farrell, Chris Ashton, Brad Barritt, Alex Goode… C’est une bonne équipe, qui joue beaucoup, qui déplace énormément le jeu. Je ne vois pas beaucoup de points faibles. C’est une équipe de haut niveau, comme Clermont, Toulouse…

Quel est votre avis sur l’absence de sanction pour l’Irlandais Paul O’Connell, qui pourra affronter Clermont samedi avec le Munster ?

Ce commissaire à la citation voulait citer Bakkies Botha parce que soi-disant qu’il a donné un coup de genou sur l’essai qui lui a été refusé. Il m’a dit : « il a levé les genoux ». J’ai répondu : « si vous en voyez qui ne lèvent pas les genoux quand ils courent, faites-moi signe ! ». O’Connell, je ne dis pas qu’il a fait un geste volontaire, mais il a fait un geste dangereux. Le même commissaire à la citation a dit qu’il n’y avait pas danger. On commence à en avoir marre. C’est un peu petit gênant.

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