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Leicester-Racing 92 : Carter veut la jouer comme Wilkinson

Le Racing 92 s’en va défier Leicester au City Ground de Nottingham, ce samedi en demi-finales de Champions Cup (16h15). Novices à ce niveau, les Franciliens s’appuieront sur leur double champion du monde néo-zélandais Dan Carter, en passe d’imiter la trajectoire de Jonny Wilkinson à Toulon.

Au niveau international, Dan Carter devance Jonny Wilkinson en tout ou presque. En points (1598 contre 1179). En titres de champions du monde (deux pour le premier, un pour le second). En sélections (112 contre 91). Reste un domaine dans lequel le Néo-Zélandais n’aura vraisemblablement pas le temps de dépasser l’Anglais : la Champions Cup, compétition de clubs européenne qui réunit les plus grands joueurs de l’hémisphère nord et certains des plus grands du sud. « Wilko » en a remporté deux avec Toulon, qui lui ont valu d’être statufié dans la cité du Var. Le club francilien se contenterait déjà d’une seule.

Arrivé au Racing 92 après sa victoire en Coupe du monde à l’automne dernier, celui qui est considéré comme le meilleur ouvreur de tous les temps doit faire vite. A 34 ans, les occasions seront rares. Mais il en tient une. Son Racing est en demi-finales et s’en ira défier Leicester à Nottingham ce samedi (16h15). En quarts, les Tigers avaient ratatiné le Stade Français (41-13).

Le demi de mêlée stadiste Julien Dupuy s’en souvient encore : « Ils mettent beaucoup d’engagement dans les phases de rucks, sont très costauds et très puissants. Je m’attends à un match un peu fermé au début avec beaucoup d’agressivité et des gros plaquages plutôt qu’à un jeu très ouvert. » Pour contrebalancer les armes anglaises, le Racing, novice à ce niveau, misera donc sur l’expérience et le talent de son ouvreur. Car même si le rugby est un sport avant tout collectif, au plus haut niveau, l’étincelle vient le plus souvent d’un seul homme. Sans Carter ou Wilkinson, la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre n’arboreraient sans doute pas la même armoire à trophées.

Laporte : « Ces joueurs font gagner une équipe »

« Dans ce genre de matches, ces joueurs sont décisifs. Ils peuvent apporter une plus-value, convient le coach de Toulon Bernard Laporte. Et tout simplement faire gagner une équipe. On l’a connu avec Jonny Wilkinson. Après, ce n’est pas simplement un homme qui vous fait gagner, il faut qu’autour ce soit solide et que tout le monde fasse le boulot. » Julien Dupuy pointe également l’apport individuel d’un Carter à l’inestimable expérience.

« Il a joué partout dans le monde. Pour lui, que ça soit sur n’importe quel terrain, il a l’expérience pour réaliser un grand match », explique le joueur parisien. Les stats de Carter en Coupe d’Europe cette saison corroborent l’hypothèse du cas à part. L’ancien All Black n'a raté qu'une seule de ses vingt tentatives au pied en Champions Cup. Il affiche 95% de réussite dans cet exercice, soit le meilleur ratio parmi les joueurs à au moins dix tentatives. Une arme fatale dont Toulon a abondamment usé lors des matches couperets sous l’ère Wilkinson. 

« Vous savez, l'une des raisons pour lesquelles je suis venu jouer en France, c'est prendre part à ce genre de compétition, confie Carter. Quand j'ai joué pour Perpignan, je n'avais pas joué les phases finales européennes mais j'avais regardé avec attention les play-offs de la coupe d'Europe d'alors, il faut voir toute cette foule de supporters, combien ça représente pour les joueurs, les clubs et je voulais pouvoir goûter à cela. Alors être ici, dans cette position, je me sens très privilégié. Seulement quatre équipes restant en lice pour toute l'Europe, c'est quelque chose d'excitant, c'est ce rugby que j'aime. Nous voulons nous qualifier en équipe et accrocher cette finale. » Le champ lexical ne sort pas du collectif. Mais s’il tient la pénalité de la gagne au buzzer, il sera bien seul face aux poteaux pour décider du sort du match. Comme Wilkinson en son temps.

S.R. avec L.D.