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Les clubs français offrent un an de sursis à l'ERC

Paul Goze

Paul Goze - -

Les clubs français de rugby, Top 14 et ProD2 confondus, ont décidé ce jeudi, à Orly, de participer aux prochaines compétitions européennes et de rester sous le giron de l’ERC. Mais pendant encore un an seulement…

« L’ERC est morte » annonçait fin septembre à qui voulait l’entendre Jacky Lorenzetti, le président du Racing-Métro 92. Finalement, pas tout à fait. Ou du moins, ce n'est pas encore à l'ordre du jour. Ce jeudi, à l’issue d’une réunion organisée à l’hôtel Hilton d’Orly et rassemblant douze clubs de Top 14 et sept de ProD2, un communiqué est tombé. « Les clubs se sont prononcés pour qu'une nouvelle structure soit mise en place pour organiser les nouvelles compétitions européennes en accord avec les fédérations concernées à partir de la saison 2015-2016, a indiqué la Ligue Nationale de Rugby sur son site internet. Le principe d'une période transitoire d'une année, permettant d'appliquer dès la saison prochaine les nouveaux formats et les nouveaux principes de répartition financière, a été validé. Cette période transitoire pourra avoir lieu dans le cadre de la structure actuelle, dès lors que sa gouvernance sera modifiée, et répondra aux attentes des clubs sur la gestion des affaires commerciales. » En clair ? La fronde des clubs français contre l’ERC, organisateur des Coupes européennes de l’Ovalie depuis 18 ans, les réunions sans fin, les positions fermes des uns et des autres… tout cela a pris fin.

Une solution intérimaire

Interrogé par RMC Sport, Mourad Boudjellal n’a pas souhaité s’exprimer. Mais il donne rendez-vous ce vendredi pour « parler du grand courage de la LNR »… Sortie ironique bien sûr du président de Toulon. Son homologue toulousain, René Bouscatel, a quant à lui expliqué que seul le président de la LNR, Paul Goze, était habilité à s’exprimer sur le sujet. Ce que ce dernier a fait, également au micro de RMC Sport. Et pour lui, pas question de parler de volte-face… ou de machine arrière. « On peut appeler ça comme ça mais à partir du moment où on a obtenu, au niveau du format de la compétition, de la répartition financière et de la gouvernance ce qu’on voulait obtenir, il nous est apparu important de pouvoir adhérer à cette solution, mais qui est intérimaire d’un an, insiste Goze. A partir du 1er juillet 2015, une nouvelle structure sera mise en place. »

Les clubs ont donc eu gain de cause : la prochaine H Cup va passer de 24 à 20 pensionnaires, qui seront choisis au mérite sportif et non plus sur attribution obligatoire. La répartition financière sera plus favorable aux clubs français : un tiers pour eux, un tiers pour les Italiens, Celtes et Gallois et un tiers, enfin, pour les Anglais. Enfin, leur participation aux Coupes européennes ne durera qu'un an, avant la réforme de la gouvernance et la création d'une nouvelle entité en 2015... qui ne sera pas l'ERC, comme l'a bien martelé Paul Goze. Structure toujours « bien morte » à ses yeux.

Goze : « Sans les Anglais, tout serait remis en cause »

« C’était une manière de s’exprimer, concède le président de la LNR. Mais l’ERC, dans sa configuration actuelle, sera terminé. A partir de juillet 2015, le nom aura changé. L’organisation et le modèle de la compétition auront changé, tout comme la répartition financière. Même si la structure actuelle demeure encore pendant un an, elle fait la transition avec celle qui sera en vigueur au 1er juillet 2015. Il apparaissait difficile de créer cette nouvelle structure en six mois. On s’est donné 18 mois pour la créer. Pour nous, cela pouvait être une solution pour éviter qu’il y ait une coupure pendant un an. »

Reste une inconnue. Et pas des moindres. Quid des clubs anglais, autres acteurs prépondérants de l'ex-conflit contre l'ERC ? Seront-ils solidaires de leurs voisins, qui viennent d’effacer en quelques heures la Rugby Champions Cup des tablettes ? « Il y a un deal de droits télé qui a été signé, explique Thomas Lombard, consultant rugby pour RMC Sport. Ils ont aussi bien vendu les droits de leur championnat que ceux de la coupe d’Europe. Cela risque d’être quand même un point d’achoppement très important. » Paul Goze ne dit pas autre chose. « Si ces derniers ne pouvaient pas participer à cette compétition, tout serait remis en cause », lâche-t-il. Le feuilleton n'est peut-être pas terminé alors...

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A.D avec L.D et F.C