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Lapasset : « Avec le 7, devenir un sport universel »

Bernard Lapasset, le président de l'IRB

Bernard Lapasset, le président de l'IRB - -

ENTRETIEN RMC SPORT. Bernard Lapasset, le président de l’IRB, assiste la Coupe du monde de rugby à 7 à Moscou (Russie) ce week-end. Et voit dans cette discipline, olympique en 2016, un important facteur de développement.

Bernard Lapasset, l’avenir du rugby passe-t-il par le 7 ?

C’est un avenir possible, bien sûr. Mais il ne faut pas oublier qu’il y en a un autre à 15. Aujourd’hui, le 15 est la discipline majeure. On est très heureux de voir le 7 prendre un essor considérable. Il y a un peu plus de 170 pays qui pratiquent à la fois le 15 et le 7. Le 7 est très certainement promis à un grand avenir. Le 7 apporte une très grande rapidité, une meilleure compréhension pour le public, et de belles images pour le public. C’est un sport éminemment ludique. C’est un sport complet qui apporte des éléments de sensations que les jeunes apprécient énormément.

Le 7 est devenu sport olympique et sera disputé à Rio en 2016. Qu’est-ce que cela a changé ?

Il y a deux éléments majeurs. Le premier, c’est une reconnaissance par de nouveaux Etats, de nouveaux pays, de nouveaux comités olympiques. On a une possibilité d’extension sur 203 comités nationaux olympiques affilés au CIO. Pour nous, c’est une chance extraordinaire de devenir un sport universel. Le second, c’est une possibilité pour les joueurs d’entrer dans l’histoire avec les Jeux Olympiques. Il y aura un rendez-vous majeur tous les quatre ans : gagner une médaille d’or.

Le 15 est-il inquiet de cette émergence ?

Il y a de temps en temps quelques pays qui doutent. Mais je crois qu’on a surtout pour nous le fait d’avoir un intérêt marqué pour de nouveaux joueurs. On a le sentiment qu’une nouvelle génération de joueurs s’intéresse au 7 par sa disponibilité physique et technique, sa capacité à entrer plus facilement dans cette discipline. C’est une chance d’aller au-delà d’une concurrence entre le 15 et 7. C’est une chance d’aller dans une complémentarité de jeu, de donner la possibilité d’avoir deux lectures, deux références, avec la Coupe du monde à 15 et les Jeux Olympiques à 7. Avoir deux disciplines au top niveau, c’est assez rare pour être souligné.

Etes-vous déçu que l’engouement populaire soit minime à Moscou pour cette Coupe du monde ?

On le savait. Le rugby n’est pas encore très populaire en Russie. Mais on a mis 25 000 personnes dans le stade vendredi pour la journée d’ouverture. C’est quand même extraordinaire. Certes, le stade olympique a une capacité de 85 000 personnes, donc ça paraît peu. On a la sensation que ce sport est en train de naître très rapidement en Russie. Il y a neuf clubs professionnels référencés. Il y a un soutien du gouvernement. C’est un plan stratégique. Je suis certain que cette Coupe du monde va être un point de départ.

Le 7 va à Dubaï, à Hong-Kong, à Moscou… Ce sont des endroits qu’il est important de conquérir ?

Il faut sortir des sentiers battus, des territoires que nous connaissons déjà bien. On a la possibilité d’étendre la renommée du rugby avec des formes de jeu qui vous nous permettre de toucher de nouveaux partenaires et de nouveaux acteurs. N’oublions pas que le 15 doit aussi conquérir de nouveaux territoires. La Coupe du monde aura lieu au Japon en 2019. On a la volonté au niveau de l’IRB d’inscrire nos disciplines sportives sur une échelle planétaire. C’est la raison majeure pour exister dans la concurrence que se livrent tous les sports.

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