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Laporte : « On a pris du plaisir »

Bernard Laporte satisfait après la Namibie

Bernard Laporte satisfait après la Namibie - -

Après la victoire de la France sur la Namibie (87 à 10), Bernard Laporte, le sélectionneur du XV de France, s'exprimait sur RMC dans l'After Rugby

François Pesenti: Bernard, soulagé du scénario de ce match ? Cela c’est passé comme vous l’aviez imaginé et espéré avant la rencontre?

BL : Je tiens d’abord à féliciter l’Equipe de France, tous les joueurs et surtout leurs leaders car on a tellement dit de choses sur cette équipe… Les leaders ont toujours été présents surtout après la défaite contre l’Argentine. Ce qui est important c’est ce qu’il se passe entre nous, c’est ce que je leur dis souvent : faire abstraction de l’environnement extérieur. Parler c’est facile, faire les choses c’est toujours plus difficile. C’est pour cela que je tiens à les féliciter parce que c’était un match piège dans la mesure où il fallait à tout prix gagner et vite rebondir. On sait ce que c'est ce genre de match, on veut marquer quatre essais, on veut attaquer de partout, on veut faire beaucoup de choses et puis souvent on ne fait rien si ce n’est des matchs moyens. Donc félicitations aux leaders et aux joueurs qui ont su construire le match, prendre le match par le bon bout, bien le préparer et faire ce qu’ils ont fait. On a pris du plaisir et c’est ça la volonté.

François Duboisset : Jusqu’à la 20ème minute vous étiez à 15 contre 15 et il y a eu ce vilain geste, selon toi ce geste méritait il vraiment carton rouge ?

BL : Ecoute, je ne sais pas si ça méritait vraiment carton rouge, je ne suis pas arbitre, peut être que ça ne le méritait pas mais je n’en ai rien à foutre du carton rouge ! Moi, ce qu’il m a plu, c’est marquer deux essais alors que le match a débuté depuis 11 minutes. Je crois que s’ils avaient été 15, ils en auraient pris 60 et pas 80 mais ce n’est pas la question. Pour le carton, il y a des arbitres, j’aurais préféré que vendredi dernier (contre l’Argentine) il y ait plus de pénalité contre ceux qui trichaient…donc je n’ai pas envie de parler des arbitres.

FP : Bernard, j’imagine que tu espérais sortir de ce match avec encore plus de maux de tête au moment de faire la prochaine équipe… Est ce qu’il y a des motifs de satisfaction sur la pelouse et un effectif encore plus complet ?

BL : Oui, mais il faut toujours relativiser aussi. On a joué la Namibie et on n’a pas joué l’Argentine. Ce qui fait plaisir c’est l’enthousiasme, la présence, le dynamisme de certains que ce soit avant le match, pendant le match. Ça va nous obliger à bien réfléchir pour constituer le bon groupe pour jouer l’Irlande. Encore une fois, quand on est sélectionneur, on rêve de se poser ce genre de questions…

Denis Charvet : J’ai l’impression que Fred Michalak contre la Namibie était bien dans ses baskets, on l’a senti déterminé, enthousiaste… On ne l’avait jamais vu comme ça depuis longtemps même si c’est la Namibie…

BL : Tu as raison ! Il faut se mettre à la place de Fréderic, il était remplaçant au match dernier, il joue aujourd’hui à Toulouse, un club qu’il a quitté donc il y avait une double pression mais aussi une double concentration pour lui. D’abord essayer de montrer au staff qu’il est le meilleur ouvreur de l’équipe de France, c’est le but quand tu rentres sur un terrain. C’est le but de tout compétiteur. C’était aussi le but de montrer aux Toulousains qu’il n’était pas parti par la plus belle des portes mais qu’il voulait leur laisser des regrets. Je l’ai senti très sérieux et très appliqué dans la préparation et effectivement le contexte autour fait qu’il avait certainement une grosse envie de montrer quelque chose.

Vincent Moscato : On a senti un public qui, au bout d’1/4 d’heure, aimait son équipe…mais aimer fortement, on a eu le frisson. Il y a eu une communion, tu as dû le ressentir dans les tribunes même si tu restes concentré sur le terrain… On a senti quelque chose de mieux, de frais, et on en avait besoin car la semaine dernière c’était très difficile pour tout le monde. 

BL : Bien sûr ! Et la semaine a été difficile aussi. C’est pour cela que je suis content des réactions de mes joueurs. Je suis très fier d’eux. On va continuer comme ça, à se respecter, se dire les choses, quand on n’est pas bon, il faut se le dire. C’est ce qui me plait dans un groupe, c’est la transparence, être proche d’eux, et la réaction qu’ils ont eu aujourd’hui me plait. Elle nous rend heureux. Jouer un match de rugby c’est d’abord du plaisir. Beaucoup de gens voudraient jouer des matchs de rugby devant 40 000 personnes. Un public présent fait toujours plaisir. Le paradoxe c’est que Chabal avait été hué il y a deux ans ici et qu’aujourd’hui il devient la star. Je suis très content pour lui parce qu’il le mérite. L’essai qu’il marque est fabuleux. Il répond présent à l’attente qu’on mettait en lui, certains émettaient des doutes mais pas nous, on a confiance. Il est en train de montrer qu’il peut être un bon deuxième ligne international mais il faut toujours relativiser car c’était la Namibie.

Vincent Moscato : Une chose encore importante : rester qu’entre vous les gars, ne laisser rien vous perturber !

La rédaction