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Les Maka ne leur veulent pas que du bien

Finau Maka

Finau Maka - -

Samedi à Wellington (7h), le XV de France ne sera pas seulement opposé aux Tonga. Les Bleus croiseront surtout la route de Finau et Isitolo Maka, anciens pensionnaires de Top 14, et désormais capitaine et sélectionneur de cette équipe. Des anciens camarades de match, oui, mais surtout des adversaires redoutables, compte-tenu de leur connaissance du jeu français.

Samedi, il y aura forcément un peu de tension entre Français et Tongiens. Qualification pour les quarts de finale de la Coupe du monde oblige. Mais aussi des sourires et des poignées de mains chaleureuses. Voire de sincères accolades. Car il y aura de la retrouvaille sur la pelouse de Wellington, un air de déjà-vu aussi entre les joueurs de Marc Lièvremont, et ceux d’Isitolo Maka. Maka, un nom loin d’être inconnu pour les Français et qui se décline, aussi, avec le prénom Finau, ancien joueur du Stade Toulousain, comme son frère d’ailleurs, aujourd’hui sélectionneur de l’équipe des Tonga. Guy Novès se souvient : « Finau et Isitolo seront Toulousains pour toujours, assure le manager. Ils auront toujours une table chez nous. Ils ont tout donné pour s’investir et s’intégrer ici. On garde d’excellents souvenirs d’eux parce que dans certains matches, ils ont fait des grosses différences avec des qualités physiques. Après, je ne leur souhaite pas de réussir face à la France ».

L’aîné, le coach, a donc passé six saisons (2000-2006) à honorer le maillot des Rouge et Noir. Le cadet, capitaine de sa sélection, a défendu pendant dix ans (2001-2010) les couleurs du club de la Ville Rose. Avec, à chaque fois, le même style : un registre impressionnant, un jeu perforant, bref un plus physique à même de renverser toute une équipe. Et un match, n’est-ce pas William Servat ? « Je me rappelle d’une rencontre contre Biarritz, se souvient le talonneur haut-garonnais. Il est entré en jeu alors qu’on n’était vraiment pas bien. Il a réussi, à lui seul, à renverser le match. Finau est un monstre physique qui amène beaucoup de caractère à son équipe. Il lui permet aussi de se transcender. C’est peut-être ce qui nous attend samedi ». Son coéquipier au Stade Toulousain, Yannick Nyanga abonde : « Finau, c’est avant tout un bon mec. Il est très généreux et il a toujours le sourire. Il est vraiment très agréable à vivre. Puis, ça reste un de mes exemples au Stade Toulousain car c’est un féru de préparation physique. J’ai pu m’inspirer de lui lors de ma carrière ».

I. Maka : « Je connais tous les joueurs »

Du physique, seulement chez les frères Maka ? Même s’ils « s’entraînent beaucoup et adorent faire de la musculation », ils ne sont pas que des bêtes enragées, pour Vincent Clerc, autre ancien camarade des Maka. « Ils sont très famille, confie l’ailier. Après les matches, on les trouvait le dimanche à faire des barbecues avec des dizaines de cousins. Ce sont des gens très agréables à vivre. Ils nous faisaient faire des haka de temps en temps. On a vraiment passé de bons moments avec eux.» Des bons souvenirs, que les Toulousains (Servat, Clerc, Dusautoir, Médard et Poux), ainsi que leurs autres partenaires de l’équipe de France, devront remiser au placard. Car si les Tricolores savent à quoi s’en tenir samedi, la réciproque est également vraie en face.

« Je connais le sélectionneur français, lâchait Isitolo Maka samedi. J’ai joué contre lui. Je connais tous les joueurs.» Forcément, ça aide à préparer un match. Et cette connaissance, comme le passé commun vécu avec les Français, les frères Maka comptent bien s’en servir comme d’une arme. « A mon avis, et notamment parce que j’ai déjà joué avec huit, et peut-être même dix joueurs de cette équipe de France, je ne crois pas qu’ils aient aligné leur meilleure formation pour affronter les Blacks, jugeait Finau. Nous connaissons leur style de jeu. » Un style de jeu qu’a déjà bien analysé son grand frère Isitolo. « « Les Français sont capables de relancer le jeu ballon en main de n’importe où. Mais si on arrive à garder le ballon et que notre mêlée tient le choc, je pense qu’on peut faire quelque chose. » On l’aura compris, les retrouvailles, ce sera pour la fin du match. Le barbecue attendra aussi. Samedi, il y aura match et c’est d’abord par leurs muscles que les frères Maka comptent se rappeler aux bons souvenirs de leurs amis français.