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Père Raphaël, au nom de l'Ovalie

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Rencontre avec un prêtre pas comme les autres. Fan de rugby et bien connu dans le milieu, le père Raphaël a fait le voyage en Nouvelle-Zélande pour assister à la Coupe du monde en compagnie d’un de ses amis.

On l’appelle Padre. Ou Père Raphaël. Pour la première fois de sa vie, et après plusieurs expériences à travers le monde, il a découvert le sol néo-zélandais. Grand amateur de rugby, Raphaël est prêtre. Comme seuls signes distinctifs, il porte une croix très discrète autour du coup et tire une valise sur laquelle est inscrit le mot « padre », à la craie blanche. Les 35 heures pour rallier cette terre bénie du rugby n’ont pas entamé son moral. Elles n’ont pas non plus marqué son physique. Plutôt frais et dispo à son arrivée à Auckland en provenance de Clermont, via Paris et Singapour, Raphaël s’apprête à passer 28 jours en camping-car au pays des Kiwis et en compagnie d’un seul ami qui l’accompagne, Laurent.

Raphaël est introduit dans le monde du rugby depuis 16 ans grâce à Willy Taofifénua, l'ancienne gloire calédonienne de Grenoble. A force de fréquenter les « gros » du club isérois, il est petit à petit présenté à d'autres paquets d'avants. Puis aux arrières. Au fil du temps, il entretient son nouveau réseau et garde contact avec tout le monde. A tel qu’il peut s’enorgueillir, aujourd’hui, d’être proche de toutes les sélections mondiales. « Je dois être un de ceux qui connaît le plus de joueurs un peu partout dans le monde », sourit-il. Raphaël connait, par exemple, très bien la famille Lakafia avec laquelle il a récemment dîné. Ou encore les Clermontois Pierre, Parra et Bonnaire. Ce dernier souhaitait d’ailleurs que le Padre officie pour son mariage, mais des contraintes personnelles l’ont obligé à décliner l’invitation.

Invité par Scelzo pour Argentine-Géorgie

Pour être du rendez-vous néo-zélandais, Raphaël a économisé et capitalisé toutes ses vacances de l’année. « Je me suis décidé parce que je voulais marquer le coup, après tant d’années dans le rugby. Je me suis dit que c’était une manière complètement gratuite d’être ici. C’est l’occasion de rencontrer des êtres humains comme n’importe lesquels. Avec leurs attentes, leurs questions spirituelles, la manière de vivre leur sport et leur histoire. » Une manière d’allier également plaisir de la découverte de nouveaux espaces et passion du rugby. Après avoir assisté au match d’ouverture, les deux compères ont d’ailleurs déjà en poche les précieux sésames pour assister aux quatre rencontres de l’équipe de France, ainsi qu’Argentine-Ecosse.

C'est en ami que le pilier droit argentin Scelzo leur a offert deux places pour cette dernière rencontre. Alors forcément, au moment de soutenir une équipe, il faudra choisir. « Je félicite les vainqueurs et je console les perdants. Mon cœur est attaché à tout le monde et en particulier la France », glisse l’ecclésiastique, drapeaux français et… argentin en main. Pour le reste, Raphaël et Laurent ont balisé le gros de leur voyage, mais ne savent toujours pas quels lieux touristiques visiter. Seule certitude : c’est Laurent qui prendra le volant et le Padre qui s’occupera de la cuisine.