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SBW, la lubie de trop ?

Sonny Bill Williams

Sonny Bill Williams - -

A trois mois de la Coupe du monde, la star des All Blacks a remporté son quatrième combat Pro de boxe dimanche dernier et rêve toujours de devenir l'athlète le plus complet de l'histoire. Au grand désespoir de tout un pays, soucieux de son intégrité physique…

La scène fait peine à voir. Coincé dans un coin du ring, Alipate Liava’a encaisse les coups de son adversaire. Avec son physique digne de la « Boule » de Fort Boyard, le boxeur tongien et ses bourrelets encaissent face à Sonny Bill Williams. 1,93 m, 108 kgs, le All Black est hyper affûté. Sans surprise, il remporte le combat. S’il n’est encore qu’un apprenti boxeur, SBW, toujours invaincu, ne désespère pas de devenir un jour champion du monde des poids lourds. Et tant pis si, pour apprendre, il doit fracasser un chanteur de gospel de 43 ans en arrêt maladie, tout heureux de récupérer quelques milliers de dollars pour financer son prochain disque.

A 25 ans, l’ancienne star du rugby à XIII passée au XV à Toulon est devenue l’une des stars All Blacks les plus scrutés du pays. En dépit de ses deux petites sélections, le peuple néo-zélandais attend de lui mont et merveilles. Et c’est bien cela le problème. L’opinion publique et la presse demandent à leurs internationaux une dévotion quasi monastique. Mais SBW s’est mis en tête de devenir l’athlète le plus complet de l’histoire: rugby à XIII, à XV, boxe, et peut-être demain « un autre sport », dixit un officiel de la fédération.

Dévotion quasi monastique

Or, les pontes de la fédération néo-zélandaise voient en Williams la tête d’affiche capable de redynamiser un sport en crise (audiences télés en baisse, affluences en berne). Son manageur australien Khoder Nasser, lui, veille jalousement sur le business Sonny Bill. Il ne lui fait signer que des contrats de courte durée, certain d’empocher plus gros à l’avenir. Le dernier combat de SBW, baptisé « Fight for Christchurch », devait le rapprocher du cœur des kiwis. Le rugbyman a versé de sa poche 100.000 dollars néo-zélandais (55.000 euros) pour les sinistrés du séisme de février. Mais lui et Nasser pourraient avoir gagné bien plus grâce aux recettes télévisées...

Voilà qui fait mauvais genre à quelques semaines de la compétition la plus attendue de l’histoire du pays. Quand les éditorialistes prient chaque jour pour qu’aucun All Black d’envergure ne se blesse, Sonny Bill travaille ses crochets et son jeu de jambes. Mais pour les prochains mois, promis, son programme, ce sera « rugby, rugby, rugby ».