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Ecosse-France : La victoire… et pas plus

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Le XV de France a relevé la tête en l’emportant sur le fil en Ecosse (19-17), sa première victoire à l’extérieur depuis juin 2012, et gardé une chance mathématique de remporter le Tournoi. Mais Philippe Saint-André n’a pas plus de certitudes.

Philippe Saint-André peut respirer. Si les critiques sur son travail ne vont pas s’évanouir d’un coup, le sélectionneur s’est évité un terrible œil du cyclone avec la victoire de ses joueurs au bout du suspense ce samedi à Edimbourg (19-17). Cela ne masquera pas les choix ratés de PSA, nombreux, ou les progrès qui restent à faire pour retrouver un XV de France vaillant et conquérant. Mais cela offre toujours un peu de répit. Et vu l’état actuel des troupes tricolores, c’est déjà ça de pris. Toute la semaine, les discours avaient tourné autour de notions simples. L’esprit de revanche. La fierté. L’honneur. Le combat.

Avant tout autre chose, l’équipe de France devait se racheter de sa déconvenue à Cardiff (27-6). Montrer un autre visage. Se lancer à corps perdu dans la bataille et donner de l’espoir à ses supporters. Si la mission n’est pas remplie à 100%, avec plusieurs phases de jeu durant lesquels ils auront tout sauf rassuré, notamment une première période où ils auront perdu quatre touches, multiplié les errements défensifs et vu le XV du Chardon inscrire deux essais, ces Bleus remaniés dans les grandes lignes auront au moins assuré l’essentiel : un succès en Ecosse, première victoire à l’extérieur pour les hommes de Saint-André depuis… juin 2012 en Argentine. De quoi garder intacte leur série de succès à Murrayfield, où les joueurs tricolores n’ont plus perdu depuis 2006.

Le pied de Doussain ne tremble pas

De quoi, aussi, toujours rêver à un succès final dans une compétition où les Bleus avaient pris la dernière place l’an dernier. Soyons clair, sauf miracle, les voir remporter le Tournoi s’apparente à une chimère. Il faudra, pour cela, s’offrir une victoire de 40 points contre l’Irlande – bon courage… – samedi prochain (18h) et espérer dans le même temps des résultats en leur faveur du côté de l’Angleterre (une défaite sur leurs deux derniers matches ou deux très courtes victoires). On ne va pas se le cacher, on n’y croit pas. A un an et demi de la Coupe du monde, l’important était aussi de continuer à façonner un groupe et des certitudes pour l’avenir. Si PSA ne doit pas en avoir beaucoup plus à l’issue de ce voyage à Murrayfield, construire sur une victoire sera toujours plus facile. Mais que ce succès face à une Ecosse pas vraiment foudre de guerre fut compliqué à aller chercher…

La rencontre s’entame pourtant par le bon bout avec deux pénalités de Machenaud (3e, 11e) qui permettent à la France de vite mener 6-0. Pas pour longtemps, certes, car Hogg profite d’une mésentente entre Huget et Dulin pour aplatir dans l’en-but (7-6, 13e). Une pénalité de Machenaud plus tard, les Bleus ont repris les commandes (9-7, 17e). Mais une belle combinaison permet à Seymour de transpercer la défense tricolore pour aller à l’essai (22e, 14-9) et à l’Ecosse de virer en tête à la pause. Au retour des vestiaires, Huget fait parler sa lecture du jeu et rattrape sa bourde avec une interception qui le mène à l’essai sur une course de 80 mètres (46e, 16-14). Mais l’Ecosse pousse. Laidlaw rate une pénalité (61e) et l’opportunité de voir le Chardon reprendre les commandes. Une minute après, Weir ne manque pas la cible (62e, 17-16). Fin de match sous tension. Au bout du suspense, le pied de Doussain ne tremble pas pour offrir la victoire aux Bleus sur une dernière pénalité (79e, 19-17). Mais le constat reste terrible pour des Français battus en conquête, trop peu inspirés en attaque (un exploit individuel pour leur seul essai) et fébriles en défense. PSA a encore du boulot. Beaucoup de boulot.

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A.H.