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France-Italie (VI Nations) : les Bleus de Novès pour tout changer

Guy Novès étrennera son costume de sélectionneur des Bleus ce samedi, en ouverture du Tournoi des VI Nations contre l’Italie (15h25). Face à un adversaire abordable et trois mois après le fiasco de la Coupe du monde, la première du nouveau guide tricolore sera forcément passée au crible, ainsi que celles des jeunes pousses qu’il lancera face aux Italiens.

Un style offensif pour les Bleus ?

Il n’a rien promis, hormis le fait que ses joueurs donneraient le meilleur. « Ils vont y laisser la peau : ça, je vous le garantis » a-t-il notamment assuré jeudi, dans la foulée de l’annonce du XV de départ qui défiera l’Italie ce samedi. Comme Guy Novès n’a rien promis, difficile à l’avance d’esquisser les contours de son projet de jeu. Mais vu l’abondance de jeunes et la forte coloration toulousaine du groupe France (sept en tout et cinq titulaires au coup d’envoi), pas besoin d’être devin pour savoir que ces Bleus-là, désireux de repartir d’une page blanche, seront en totale rupture avec ce qu’avait pu mettre en place Philippe Saint-André. Avec de l’insouciance… et de la folie ? « J’attends de voir une équipe de France qui montre un beau visage, ou en tout cas une équipe qui montre qu’elle a envie de mouiller le maillot, espère l’ancien international Imanol Harinordoquy. Et forcément une équipe qui va aller vers un jeu plus offensif, quitte à avoir du déchet. » On en saura plus samedi après-midi.

Bézy-Plisson, une charnière à la loupe

A chaque nouveau sélectionneur, sa nouvelle charnière, dépositaire du jeu de la sélection et baromètre de la bonne santé ou non de son animation. Inédite, l’association du demi de mêlée toulousain et de l’ouvreur du Stade Français est détonante… sur le papier. Sur le terrain, il faudra voir. « C’est une charnière d’avenir » a d’entrée lancé Guy Novès, qui ne manquera pas de scruter à la loupe le jeu au pied de Sébastien Bézy, puisque c’est lui qui butera, et la performance de Jules Plisson, notamment parce que le sélectionneur n’occultera aucune concurrence en charnière. « Il y a aussi Morgan (Parra, ndlr), il a été dans les différents stages, énumère l’intéressé. Il y a Jean-Marc Doussain qui a démontré des qualités énormes avec le Stade Toulousain. Et il y a François Trinh-Duc qui est en train de revenir aussi à son meilleur niveau, donc on espère que l’avenir de cette équipe de France passera par ces joueurs-là. »

Une carte jeunes à valider

Jonathan Danty, Paul Jedrasiak, Virimi Vakatawa et Sébastien Bézy. Mais aussi Camille Chat, Jefferson Poirot et Yacouba Camara. Un vent de jeunesse assumée dès le début de son mandat par le sélectionneur et qui se voulait nécessaire après le fiasco de la Coupe du monde. Mais sera-t-il payant ? « Sincèrement, je n’ai aucune crainte, assure Guy Novès. Il faut bien commencer un jour. Quand on parle d’un cycle nouveau, il faut des joueurs nouveaux. » Mieux, à en croire Thierry Dusautoir, ces bleus parmi les Bleus sont formatés pour le haut niveau. « Même si le groupe est jeune, il y a quand même de l’expérience maintenant, assure l’ancien capitaine tricolore. Ils savent ce que c’est le niveau international, ils savent ce que c’est de jouer un tournoi des VI Nations. » Ils savent aussi ce que l’on attend d’eux. « Il y a un sentiment de revanche et aussi un peu de fougue, explique Jonathan Danty. Je pense que ça redonne le sourire aux plus anciens qui ont pu vivre la saison précédente assez difficile. J’espère qu’on pourra amener un truc en plus à l’équipe de France. »

L’Italie, l’adversaire rêvé pour débuter mais…

Avec une quinzaine de joueurs blessés et quatre petits nouveaux (Lovotti, Odiete, Bellini et Gega), ce sera également une équipe d’Italie new-look qui se présentera sur la pelouse du Stade de France. A priori, les Bleus ne devraient pas trembler face aux hommes de Jacques Brunel. Mais les Italiens auront des arguments à faire valoir, comme le centre d’Exeter Michele Campagnaro, l’ailier de Zebre Leonardo Sarto et l’inévitable capitaine et joueur du Stade Français, Sergio Parisse (114 sélections)… qui a d’ores et déjà annoncé la couleur. « Par le passé, on a montré que, même n’étant pas favoris, on a pu gagner contre la France, rappelle le numéro 8. Les surprises peuvent arriver. » Les Bleus s’en passeraient volontiers, surtout que jamais dans son histoire, un nouveau sélectionneur tricolore ne s’est incliné pour son premier match. « Ce qui est important, c’est de créer l’espoir, partir sur des bases nouvelles, c’est une façon d’évacuer complètement tout ce qu’il s’est passé. Positif ou négatif, martèle le sélectionneur. De créer une atmosphère propre à un début de tournoi, à un début d’aventure. » Ce que l’on fait toujours mieux en gagnant.

A.D avec W.T