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France-Italie : Y'a plus de jeunesse

Papé, Plisson et Doussain

Papé, Plisson et Doussain - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

A l’image de sa charnière Doussain-Plisson (moins de 10 sélections à eux deux), le XV de France s’est fortement rajeuni lors de ce Tournoi. Une cure de jouvence qui n’affaiblit pas les Bleus, opposés à l’Italie ce dimanche (16h). Au contraire.

Si les anciens ne parlent pas de revanche un an après la défaite à Rome (23-18), ne comptez pas non plus sur eux pour le faire avant la réception de l’Italie, dimanche (16h). Eux, ce sont les nouveaux, les petits jeunes du XV de France, comme l’ouvreur Jules Plisson ou l’ailier Hugo Bonneval, titulaire au Stade de France pour sa première sélection en bleu. Mais aussi Jean-Marc Doussain, dont la charnière qu’il forme avec Plisson compte moins de 10 sélections. Rabah Slimani, remplaçant dimanche. Et encore et surtout Gaël Fickou, 20 ans le 26 mars prochain et auteur de l’essai salvateur contre l’Angleterre (26-24) samedi dernier. Parfait symbole de cette jeunesse décomplexée et prête à prendre le pouvoir.

Par la force ? Non. De manière naturelle et dans la simplicité. Preuve qu’en sélection, la valeur n’attend plus le nombre des années. « On a une génération qui se prépare, qui se rend compte des contraintes de ce très haut niveau, se réjouit le sélectionneur Philippe Saint-André. Il y a Pascal Papé et des joueurs d’expérience mais on a aussi des jeunes joueurs qui arrivent. C’est un groupe. » Un groupe rajeuni et inexpérimenté ? Pas vraiment. Ces Bleus ne sont plus tout à fait… bleuets à en croire leur capitaine, Pascal Papé. « Ils ont été formatés pour le haut niveau, confie le deuxième-ligne du Stade Français. Il n’y a pas grand-chose à leur dire, si ce n’est de temps en temps les aiguiller ou les rassurer. A eux de se tailler leur costume international. On les laisse vivre leur expérience intensément. »

Papé : « Une confiance énorme en eux »

Un vécu que les petits nouveaux peuvent savourer, d’autant plus depuis le changement de politique de Philippe Saint-André. Très friand de la garde des vieux sages (Bonnaire, Yachvili…) en début de mandat, le sélectionneur a mis la prime à l’expérience de côté. Et semble désormais moins frileux à l’idée de lancer des jeunes, comme en témoignent ses explications sur la titularisation d’Hugo Bonneval : « C’est un joueur qui fait une saison exceptionnelle avec le Stade Français, qui a beaucoup de vitesse, beaucoup de pétillant, qui prend énormément d’initiatives. Depuis trois semaines avec nous, il a aussi énormément de qualités. Il a fait des entrainements d’une grande qualité. Il rentre bien dans les systèmes. » Bref, l’intéressé est mûr pour enfiler le maillot tricolore et n’aura pas eu à attendre « plusieurs années » pour le revêtir, comme l’avait d’ailleurs annoncé quelques jours plus tôt Patrice Lagisquet, l’entraîneur des arrières français.

« Les plus anciens ont une confiance énorme en ces jeunes, insiste Papé. Ce sont peut-être eux aussi qui nous tirent vers le haut maintenant. » Peut-être ? Certainement. Outre la fraîcheur (Plisson, Bonneval) et le culot (Fickou) apportés, ces Bleus ont déjà des allures de patron. A l’instar du revenant François Trinh-Duc, 27 ans. De Maxime Machenaud, 25 ans. Bref d’une génération presque… vieillissante dans laquelle, Wesley Fofana, 26 printemps, fait déjà, avec son statut officieux de leader des lignes arrières, d’ancien. « Ça ne me dérange pas d’être un leader sur le terrain, affirme le Clermontois. En dehors, en revanche, je n’ai pas trop de leçons à donner. Je préfère les actions aux paroles. Donc sur le terrain, il n’y a pas de problème. Quand il y a des nouveaux, ils nous parlent beaucoup avec Bastareaud et François (Trinh-Duc). On essaye de leur apporter quelque chose. S’ils ont besoin d’être rassurés, on est là, mais ce sont des joueurs talentueux. » Et déjà mûrs pour prendre le pouvoir.

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La rédaction