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Kayser : « Ce n’est pas parce qu’on ne se rentre pas dans la gueule… »

Benjamin Kayser.

Benjamin Kayser. - -

Comme 29 de ses coéquipiers, Benjamin Kayer a participé durant trois jours à un stage de l’équipe de France à Marcoussis. Situé entre deux journées de Top 14, ce stage perturbe les clubs, mais le talonneur clermontois y voit beaucoup d’avantages.

Benjamin, sentez-vous la même tension pendant ce stage que lors d'un stage classique avec un match au bout ?

Le fait qu’il n’y ait pas de match ce week-end nous permet d’être moins dans l’urgence, de se projeter sur les détails, et notamment des lancements de jeu qui peuvent nuire à notre spontanéité. On a du temps, on a pu rentrer dans les détails. C’est très constructif. On se donne des repères communs. On a d’abord fait un gros débriefing de la tournée de juin, des vidéos collectives et des entretiens individuels pour savoir où on en était.

Où en donc cette équipe de France après la tournée en Nouvelle-Zélande cet été ?

Sur le plan comptable, c’est quasiment désastreux. On ne se le cache pas. Maintenant, il faut faire la part des choses entre le dernier Tournoi et la tournée de juin. Sur la tournée, on est parti un mois. Il n’y a pas eu que du négatif. Ce qui est désolant c’est qu’on se procure presque autant d’occasions qu’eux, mais ils en convertissent 40% et nous une seule. C’est un manque d’efficacité criant qui est dommageable. On n’était pas si loin de ces mecs, notamment sur les premiers et troisième matches. On a beaucoup appris sur la manière de gérer le très haut niveau. Il y a eu beaucoup de critiques, mais aussi beaucoup d’enseignements positifs.

Qu'est- ce qui vous sépare de cette équipe ?

C’est une question de maturité. C’est à nous d’être meilleur. C’est un groupe relativement jeune encore. L’idée de ce stage est aussi de se dire qu’on n’a plus d’excuse, qu’on a payé cet été pour comprendre ce qu’est le très haut niveau. C’est pour ça qu’on bosse plus, qu’on est toujours aussi exigeant, car tout n’était pas non plus à jeter.

Quelle est l'utilité de ce stage ?

Ça sert à beaucoup de choses. En trois jours, on peut presque faire 6 entraînements de rugby. Ce n’est pas parce qu’on ne se rentre pas dans la gueule comme des fous que c’est inutile. Sans se projeter sur un match, on peut faire des entretiens pour passer à autre chose quand on se reverra. Ce qui est bancal, c’est que c’est entre deux journées de championnat. On va tous devoir rentrer chez nous et se mettre dans le quotidien du club. Pour tout le monde, c’est très important et sous stress car le niveau est très élevé. Mais j’ai été très agréablement surpris par le fil conducteur du stage pour progresser en termes d’équipe et pas simplement penser au match du week-end.

Et qu'en pensent les clubs ?

Il faudrait leur demander. Mais l’intérêt commun c’est l’équipe de France. C’est une grande chance que des règlements permettent d’avoir trois jours pour bosser. Les clubs jouent le jeu car nous on joue le jeu également. On comprend bien qu’il y a un intérêt commun et c’est intérêt, c’est l’équipe de France.

Il n'y a donc aucun scrupule à quitter vos coéquipiers clermontois ?

Absolument pas. On va redoubler d’effort en rentrant pour montrer qu’il n’y a pas de priorité dans nos têtes.

Recueilli par PT