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La FFR veut des internationaux sous contrat

Philippe Saint-André et Pascal Papé

Philippe Saint-André et Pascal Papé - -

Alors que la LNR, la FFR et les clubs discutent de la convention de mise à disposition des internationaux, la fédération songe à prendre en charge directement l’indemnisation des joueurs. Un projet, inspiré de l’exemple anglais, qui serait appliqué après le Mondial 2015, mais qui annonce un vrai chambardement culturel.

Le constat est connu de tous et depuis belle lurette, et la dernière cuvée – bouchonnée pour le moins – du XV de France au printemps n’a fait qu’accélérer le processus. La France a terminée dernière du tournoi 2013, pire résultat des Bleus depuis 2000. Pointé du doigt par toutes les parties (staff, joueurs, dirigeants), le manque de temps pour Philippe Saint-André et ses adjoints pour préparer des joueurs fatigués par les cadences infernales (TOP 14, H Cup, match internationaux) ; soit plus de 40 matches pour la majorité.

La fédération s’est donc posé cette simple question : comment avoir les joueurs plus longtemps ? Réponse : en indemnisant les clubs. Simple comme le modèle mis en place par la fédération anglaise de rugby (RFU) depuis quelques années, avec l’ancien sélectionneur des champions du monde 2003, Clive Woodward aux manettes, et qui fonctionne très bien.

Actuellement en pleine renégociation de la convention de mise à disposition du XV de France des internationaux par les clubs, la Ligue nationale de rugby (LNR) et la Fédération française de rugby (FFR) cultivent la plus extrême discrétion. Cependant, nous sommes en mesure de vous révéler que la FFR prépare dans ses cartons un modèle « à l'anglaise ».

Pour le début de la saison 2015/2016, c’est-à-dire après le Mondial anglais, 30 joueurs passeront sous contrat fédéral, et leurs clubs seront directement indemnisés par la FFR pour les journées de mise à disposition. La fédération table sur 12 à 14 semaines (compétitions comprises), hors années de Coupe du monde.

Toulouse recevrait plus d’un million d’euros, cinq fois plus qu’aujourd’hui

Le projet prévoit des périodes de rassemblement de 10 jours avant le Tournoi, une semaine avant les tests d'automne, ainsi qu’une semaine de rassemblement dans l'année (hors Coupe du monde). Elément déterminant, ces joueurs auraient un nombre de match limité par saison au sein de leur club, leur programme étant dicté par le staff de l'équipe de France : 15 à 20 matches maximum, TOP 14 et coupes d'Europe inclus (hors phases finales).

Pour ce qui est du sonnant et trébuchant, le nerf de la guerre, l'indemnisation serait de l'ordre de 115 000 euros par international conventionné, soit une enveloppe globale de 3,5 M€ répartie aux 30 joueurs. Un exemple : selon ce modèle « à l’anglaise », Toulouse percevrait 1,15 M€ pour une dizaine de joueurs en bleu, contre 195 000 euros aujourd’hui au titre des « sélections nationales ». Des chiffres qui parlent. Une révolution culturelle que la LNR et les clubs, pour des raisons de transfert de souveraineté, sont prêts à accepter ? Rien n’est moins sûr. A suivre…

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Laurent Depret