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Le traitement des nations du Pacifique frôle le "colonialisme" selon le boss néo-zélandais

Le traitement des nations du Pacifique par les puissances de l'hémisphère Nord est à la limite du "colonialisme", a déclaré mardi Brent Impey, le patron de la fédération néo-zélandaise, pas exempt de responsabilités dans ce domaine.

Questionné sur l'absence des Fidji, des Tonga et des Samoa en quarts de finale de la Coupe du monde pour la troisième édition de suite, Brent Impey, patron de la fédération néo-zélandaise, a regretté que les îles du Pacifique soient privées d'une partie de leurs meilleurs joueurs. Nombre d'entre eux choisissent de représenter le pays où ils jouent et n'ont ensuite plus le droit de jouer pour leur pays d'origine, car les règlements actuels interdisent le changement de sélection. 

Le dirigeant demande une nouvelle règle

"Il devrait y avoir une règle d'éligibilité permettant aux joueurs ayant représenté une équipe du top 10 mondial, telles les All Blacks, de pouvoir, après disons un an, jouer pour leur pays d'origine, a déclaré Brent Impey à Radio New Zealand. Imaginez comment les Tonga seraient plus forts avec Charles Piutau avec eux, et les Samoa avec des joueurs comme Steven Luatua... La différence aurait été énorme." Ici, le dirigeant parle de deux joueurs que la Nouvelle-Zélande a enrôlé. 

"Quasiment du colonialisme"

Brent Impey accuse également les clubs européens de faire pression sur les joueurs du Pacifique pour qu'ils ne représentent pas leur pays. "Je suis très tenté de dire, même si je n'irai probablement pas aussi loin, que c'est quasiment du colonialisme", a-t-il glissé. L'isolement géographique de ces nations du Pacifique et le manque de ressources financières, notamment, poussent les joueurs à s'engager avec de riches clubs étrangers. Il assure que la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont plaidé en faveur de changements mais se sont heurtés au refus des nations de l'hémisphère Nord.

Un projet de Ligue des nations rejeté

Le directeur exécutif de la fédération néo-zélandaise Steve Tew avait déjà critiqué les pays européens pour avoir rejeté le projet de Ligue des nations, qui devait rassembler les meilleures équipes mondiales à partir de 2022. Ce projet aurait inclus un système de promotion-relégation entre deux divisions, offrant une chance aux non-membres du top 10 telles les Iles du Pacifique d'accéder à l'élite mondiale.

Quand la Nouvelle-Zélande subtilise Sevu Reece

La Nouvelle-Zélande, qui n'a joué qu'un test-match dans ces îles (aux Samoa en 2015), est elle-même accusée d'attirer les meilleurs joueurs du Pacifique dès leur adolescence. A l'image du talentueux ailier Sevu Reece, que les Fidji espéraient compter dans leurs rangs pour le Mondial 2019 au Japon avant que les All Blacks ne lui accordent une première cape en juillet, pour finalement le convoquer au Japon. 

AFP