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Mauvaise passe pour la Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande est au milieu du gué. Le vivier All Black n’impressionne plus autant. Les Néo-Zélandais ont donc décidé de mettre les bouchées doubles.

En ce moment se déroule la Coupe des Nations du Pacifique, une épreuve de jeunes qui rassemble les nations de l’Océan, la Nouvelle-Zélande en tête. Aujourd’hui, les petits All Blacks ont battu de justesse les Samoa (17-16). Une défaite aurait été un véritable coup de poignard pour ce pays qui domine toutes les petites catégories. Un désordre dans le paysage local surtout quand on sait que la Nouvelle-Zélande, depuis une vingtaine d'année, pioche sans vergogne dans le vivier samoan (Jones, Bachop, Tuigamala), tongien (Umaga, So'Oialo) ou fidjien (Rokocoko, Siviovatu).

L'autre sentiment de malaise vient de ce que les All Blacks, joueurs et encadrement, affichent des sourires authentiques, malgré la défaite humiliante de samedi dernier face au XV de France à Dunedin (22-27). Pour Simon Mannix, ex-All black et coach du Racing, l’explication est simple : « ça ne passe pas par les émotions comme dans les pays latins. Ici ça marche à la performance. »

Battus par plus forts qu'eux, les Blacks reconnaissent implicitement qu'ils n'ont pas les ressources humaines pour pallier les absences des leaders McCaw, Williams, So'Oialo, Carter. Alors ils pensent que seul le travail et sa qualité sont en cause. Alors ils travaillent encore plus. Remettre en cause la méthode, ce serait remettre en cause les fondements même de la machine néo-zélandaise qui n’a jamais connu la pénurie. Une victoire samedi conforterait encore plus ce sentiment. Une nouvelle défaite ébranlerait un siècle de certitude et ajouterait au marasme d'une fédération en déficit qui pratique la fuite en avant en augmentant le nombre de match des All Blacks, son meilleur produit d'appel. Mais cela a aussi pour conséquence d’en réduire la valeur marchande. De moins en moins rares, de moins en moins chers… Les nuages noirs s'accumulent au dessus de Wellington.

La rédaction - Laurent Depret à Wellington